mardi 15 mai 2018

Chronique du Sablon - Partie huit


Il y avait quantité de petits cafés dans le quartier. Certains étaient des canitjes à guichet. C'est quoi?

Dans la vitrine, du côté comptoir, il y avait une fenêtre qui s'ouvrait sur la rue pour distribuer la bière de table.

A l'heure du repas, midi et soir, des gens, souvent des enfants, venaient équipés d'une cruche avec couvercle, chercher une mesure de bière. Ça papotait dans la file, se bagarrait parfois. Souvent, avant de rentrer à la maison, ils prenaient une bonne lampée, ni vu, ni connu.

Il y avait aussi une friterie sur le sablon, en face de la fontaine, où on pouvait manger les frites sur place avec des harengs, des sardines, ...
Souvent le dimanche, les gosses arrivaient avec un grand plat à remplir de frites pour toute la famille. La sauce était mise dans un petit pot. Avec du poulet, c'est si bon...

Il y avait aussi un marchand de soupe ambulant et, régal des régals, le marchand de crème glacée. Il faisait le tour du quartier à la sortie des classes. Tout le monde ne pouvait pas s'en payer, mais certains, compatissants, nous permettaient un petit coup de langue...

Il y avait aussi une fleuriste qui faisait le tour du quartier le samedi avec sa carriole tirée par un chien. On l'entendait arriver de loin, car elle chantait toujours la même ritournelle, "O sole mio". Les femmes qui faisaient leurs carreaux le samedi, répondaient en chantant aussi.

Le dimanche matin, un très vieux monsieur chantait dans la rues. On lui jetait une pièce de monnaie emballée dans un petit papier. C’était un ancien de la grande guerre...


J.A.M

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