lundi 5 mars 2018

Les chroniques du Sablon - Partie trois


Le parking du Grand Sablon n'a pas toujours été là. A l'époque, c'était un marché aux fruits, légumes, poissons le vendredi, boucher-volailler et crémière le samedi... Pourquoi la crémière le samedi? Parce qu'on ne cuisinait au beurre que le dimanche et les jours de fêtes! La semaine c'était au saindoux ou à la margarine.

Il y avait peu d'arbres et on y jouait à la balle pelote le dimanche après-midi.
Le tournoi national avait lieu début juillet avec une grande foule et tous les bistrots étaient plein. Dans certains de ces bistrots on faisait des paris clandestins...

Notre jeune Roi assistait à la finale dans une loge montée près de la fontaine. Toutes les jeunes filles du royaume rêvaient de lui...

Nous avions trouvé un moyen de l'apercevoir en toute discrétion. On se retrouvait à trois ou quatre chez une copine au Vieux Paris. Nous montions au grenier de sa maison. Là, juchées sur une caisse, tabatière ouverte, nous pouvions l'admirer tranquillement mais pas silencieusement!


La prestance, l'allure et le beau sourire discret, nous charmaient. Nous profitions également de notre cachette pour tirer sur nos premières cigarettes et boire nos premiers Coca-Cola.
Hélas, nous fûmes dénoncées par un petit frère jaloux et ce fut fini! Et puis nous grandissions...




Le tournoi fut déplacé. Beaucoup de bistrots fermèrent et la place devint petit à petit ce truc chic où il est bien d'être vu.Les habitants, les locaux, partirent et les loyers devinrent inabordables pour le citoyen moyen.
Je suis une dernière "ancienne" à encore habiter le quartier... 




J.A.M

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