lundi 26 février 2018

Les chroniques du sablon - Partie deux

Pourquoi tant d'artisans, d'ouvriers, habitaient-ils dans le quartier? Tout simplement parce que les palazzi aristocratiques comme le palais d'Egmont se trouvent rue aux laines et rue des Petits Carmes et qu'il fallait des ébénistes, des menuisiers, charpentiers, etc. pour
l'entretien de ces grandes demeures.

Si vous regardez les statues qui entourent le square du petit Sablon, vous verrez que tous ces corps de métiers sont représentés de jolie façon, chacun avec le symbole de son artisanat.

Sur la place où il y a maintenant le marché des antiquaires, c'était de ravissantes maisons espagnoles.

Une allée longeait l'église avec, apposé au mur, un mémorial aux morts des deux guerres. Aux commémorations, il y avait une fanfare militaire et tout le monde était là, même monsieur le curé. Cérémonie qui se terminait par la Brabançonne...

La première fois que je l'ai entendue, ce n'est pas là, mais à l'école des Sœurs rue de la Régence. C'était en 1945 et on y fêtait les mamans. Nous, les petites, on faisait une farandole sur la scène de la salle des fêtes et une sœur était au piano. Soudain, une religieuse s'est précipitée dans la salle, la cornette de travers, en hurlant:
"La paix est signée! La paix est signée!"
La pianiste s'est levée et a joué la Brabançonne.

Toutes les mamans ont chanté à pleine voix, puis ce furent des rires, des larmes, des embrassades et nous, les petites, un peu oubliées et éberluées de tant d'effusions...
Plus tard, j'ai compris ; et quand j'entends notre hymne national, j'ai toujours cette émotion première qui refait surface... 


J.A.M

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