mardi 25 octobre 2016



LA BIBLIOTHÈQUE
SERA FERMÉE
DU
DIMANCHE 30 OCTOBRE
AU
MERCREDI 02 NOVEMBRE INCLUS



California dreamin'


"All the leaves are brown (all the leaves are brown)
And the sky is grey (and the sky is grey)
I've been for a walk (I've been for a walk)
On a winter's day (on a winter's day)
I'd be safe and warm (I'd be safe and warm)
If I was in L.A. (if I was in L.A.)

California dreamin' (California dreamin')
On such a winter's day.."
 
Que celui qui ne s'est jamais déhanché à l'écoute de California dreamin  se déplace jusqu'à la bibliothèque pour me jeter la première pierre et par la même occasion, emprunte le génial dernier album de Pénélope Bagieu.
 
 

 

Dans cet album, Pénélope Bagieu dresse le portrait de Cass Eliot, de son vrai nom Ellen Naomie Cohen. Morte en 1974 à l’âge de 32 ans, cette chanteuse au timbre et au physique hors-normes est la voix du groupe mythique The Mama's and Papa's.

Cass Eliot a toujours baigné dans la musique. Son père, qu'elle adorait, adorait l'opéra et rêvait de devenir chanteur.

Elle décide assez tôt de prendre des cours de chant avant de plaquer Baltimore pour New York. Cass Eliott participe à un premier groupe, puis un deuxième : les Mugwunps. Dans un moment d'euphorie post-écoute des Beatles, elle se greffe aux Journeymen (John Phillips, Denny Doherty, Michelle (Gilliam) Phillips) qui deviendront The Mamas and The Papas...

 



Pour dessiner le portrait de cette attachante, drôle et excentrique personnalité, Pénélope Bagieu a choisi de donner la parole aux proches de la chanteuse, sa famille, ses amis, et aussi ceux qui ne l'aimaient pas. Le personnage se construit donc par couches successives, au fil des chapitres, chacun consacré à un témoignage, à un point de vue sur la femme et la chanteuse.
California dreamin' (Gallimard) Pénélope Bagieu planche 2
Sur la forme, la dessinatrice, habituée à la couleur, a cette fois fait le choix du noir et blanc : toute l'histoire est dessinée au crayon de papier, et sans gomme. Un trait jaillissant, donc, qui donne à l'album une magnifique vivacité, des personnages hyper expressifs, et des décors d'une profondeur étonnante, au point qu'on reconstruit mentalement les couleurs, si vives, de l'époque, et qu'on entend la musique s'envoler des pages.


Sources : http://www.telerama.fr/livre/bedetheque-ideale-97-belle-etude-de-cass-signee-penelope-bagieu,131548.php

 
 

vendredi 14 octobre 2016

Bob Dylan, Prix Nobel de littérature 2016
Le prix Nobel de littérature 2016 est décerné à Bob Dylan, 75 ans, « pour avoir créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d’expression poétique », a annoncé la secrétaire générale de l’Académie suédoise, Sara Danius. L’Américain, premier musicien à être récompensé par l’académie depuis la création du prix en 1901, succède à la Biélorusse Svetlana Alexievitch.















« Bob Dylan écrit une poésie pour l’oreille », a expliqué Mme Danius à la télévision publique SVT, affirmant que les membres de l’académie avaient manifesté « une grande cohésion » dans ce choix. « Il s’inscrit dans une longue tradition qui remonte à William Blake », le célèbre poète anglais mort en 1827, a-t-elle affirmé, citant Visions of Johanna et Chimes of Freedom.
 
« Il est extrêmement doué pour la rime. C’est un sampleur littéraire qui convoque la grande tradition et peut marier de façon absolument novatrice des musiques de genres différents, des textes de genres différents. »
 
Les réactions se sont multipliées, jeudi 13 octobre, après l’attribution du prix Nobel de littérature 2016 au chanteur de 75 ans, « pour avoir créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d’expression poétique ». Un « choix audacieux et remarquable » pour la ministre de la culture, Audrey Azoulay, qui a salué un « poète exceptionnel » et la « conscience éclairée d’une génération ».
 
« Félicitations à l’un de mes poètes préférés, Bob Dylan, pour ce Nobel tout à fait mérité », a tweeté le président américain Barack Obama, lui-même prix Nobel de la paix. Son message était assorti d’un lien vers un florilège des chansons de l’artiste américain, conçu par la plateforme d’écoute de musique en streaming Spotify, y compris ses tubes « Knockin’ on Heaven’s Door » et « Like A Rolling Stone ».
 
 « Dylan, c’est de la poésie incarnée, c’est quelqu’un qui a eu une démarche littéraire dans une forme qui n’est pas la littérature », a affirmé le critique Michka Assayas, auteur d’un dictionnaire de l’histoire du rock.
 
Un prix également mérité pour Serge Kaganski, journaliste au magazine Les Inrocks : « Où que l’on regarde dans sa discographie océanique (et par-delà sa musique et sa voix singulière qui ne sont pas le sujet ici), Dylan aura porté l’art textuel de la chanson à son degré le plus élevé de sens, de richesse et de sensations littéraires. »

« C’est magnifique, cela montre une grande ouverture d’esprit du Nobel même si je comprends que ça ébouriffe », estime de son côté le journaliste Philippe Manœuvre, rédacteur en chef de la revue Rock & Folk
 
« On l’attendait depuis si longtemps, depuis une bonne dizaine d’années, que c’est une surprise que cela tombe maintenant, on s’était fait à l’idée que cela ne viendrait pas », rappelle Yves Bigot, spécialiste du rock et patron de TV5 Monde.
 
Le monde de la littérature a peu réagi dans la foulée de l’annonce. L’écrivain britannique Salman Rushdie, auteur du best-seller mondial Les Versets sataniques, a félicité le musicien américain. « D’Orphée à Faiz, chanson et poésie ont toujours été intimement liées. Dylan est le brillant héritier de la tradition des bardes », a-t-il réagi sur Twitter, faisant référence au héros grec et au poète pakistanais Faiz Ahmed Faiz, avant de saluer le « super choix » de l’Académie suédoise. 

Du côté des critiques, le critique littéraire suédois Per Svensson a dénoncé un prix « populiste » et « trumpifié » (sic).

Une histoire de l’Amérique à lui seul
Dylan est une histoire de l’Amérique à lui seul, synthétisant dans son œuvre la poésie surréaliste de la beat generation, l’austérité militante du folk, la complainte du blues, l’énergie révoltée du rock et la chronique de la vie quotidienne propre à la country.
Présentée par l’Académie suédoise comme une « icône », la légende du folk a sorti son 37e album, Fallen Angels, en mars. A l’occasion d’une cérémonie de remise de trophées, organisée en 2015, l’auteur-compositeur était revenu sur son parcours :
« Les chansons ne sont pas apparues par magie, je ne les ai pas fabriquées à partir de rien. J’ai appris à écrire des paroles en écoutant des chansons folk. Et je les ai jouées (…), je n’ai rien chanté d’autre que des folk songs, et elles m’ont ouvert le code pour tout ce qui est de bonne chasse, tout ce qui appartient à tout le monde. »
A cette occasion, il avait aussi défendu sa voix : « Mes critiques disent que je mutile mes mélodies, que je rends mes chansons méconnaissables. Vraiment ? (…) Sam Cooke [chanteur de rhythm’n’blues à la voix d’ange] a répondu ceci quand on lui a dit qu’il avait une belle voix : “C’est très gentil à vous, mais les voix ne doivent pas être jugées en fonction de leur joliesse. Elles ne comptent que si elles vous convainquent qu’elles disent la vérité”»

Des textes politiques
Depuis des années, le nom de Bob Dylan revenait souvent mais peu d’experts s’attendaient à ce que l’académie franchisse le pas de récompenser un chanteur aussi populaire que lui.
 
Né le 24 mai 1941, à Duluth, dans le Minnesota, l’artiste a grandi dans une famille juive de la classe moyenne. Dans sa jeunesse, comme la plupart des adolescents américains, Bob Dylan tombe sous le charme du rock avec Elvis Presley et Jerry Lee Lewis avant de former son propre groupe.
 
En 1959, étudiant à l’université de Minneapolis, il découvre les pionniers du blues, du country et du folk : Robert Johnson, Hank Williams et Woody Guthrie. En 1961, il abandonne ses études et déménage à New York pour fréquenter la scène musicale embryonnaire de Greenwich Village. C’est à cette époque que Robert Allen Zimmerman adopte comme nom de scène Bob Dylan, qui sera aussi le titre de son premier album. Sorti en 1962, celui-ci est un fiasco.
 
La percée se produit un an plus tard avec l’album The Freewheelin’Bob Dylan et ses deux titres folk de protestation : Blowin’ in the Wind, chanson pacifiste qui sera un hymne des années 1960 contre la guerre au Vietnam, et A Hard Rain’s A-Gonna Fall
En 1963, il participe à la marche sur Washington autour de Martin Luther King.
 
A partir de la fin des années 1960, il se détache de plus en plus des fans de folk et des milieux de gauche, refusant d’être l’étendard des contestations et des luttes de l’époque, publiant un recueil de poésie en 1971, Tarantula, et s’essayant même à la peinture et au cinéma
 
Depuis les années 1980, son extraordinaire créativité s’est tarie, malgré des albums remarquables (Oh Mercy en 1989, Time Out of Mind en 1997) et le premier volume d’une autobiographie célébrée par la critique, Chroniques (2004), dont on attend toujours la suite.
Showman infatiguable, quoiqu’inégal, il parcourt la route sans relâche : il était ces jours-ci à l’affiche du Desert Trip Festival, en Californie.

 « Un pouvoir poétique extraordinaire »
Décidément habitué à être là où ne l’attend pas, il a aussi reçu en 2008 le prix Pulitzer, qui récompense traditionnellement des travaux journalistiques. Il avait été distingué, selon les mots du jury, « pour son profond impact sur la musique populaire et la culture américaine, à travers des compositions lyriques au pouvoir poétique extraordinaire ».
 
Bien qu’il n’ait signé qu’un petit nombre de grands albums après l’apothéose créative des années 1965-1975, il reste, au même titre que le tandem Lennon-McCartney, l’un des chanteurs-auteurs-compositeurs les plus influents de l’histoire de la musique, maintes fois copié, jamais égalé.
 
C’est le premier Américain à obtenir le prix Nobel de littérature depuis Toni Morrison, en 1993. 
Le prix Nobel s’accompagne d’une récompense de huit millions de couronnes suédoises (822 000 euros).





Bob Dylan en dix dates
24 mai 1941 : naissance de Robert Zimmerman à Duluth (Minnesota).
1962 : il publie son premier album, Bob Dylan.
1963 : il enregistre l’hymne pacifiste Blowin’in the Wind.
28 août 1963 : il participe à la grande marche sur Washington pour les droits civiques et chante après le discours de Martin Luther King.
1965 : il déroute ses fans en passant du folk acoustique au rock électrique avec l’album Bringing it All Back Home. Et se fait huer au festival folk de Newport.
1966 : il publie l’album Blonde on Blonde, considéré comme son chef-d’œuvre.
30 juillet 1966 : accident de moto qui l’écarte de la scène pendant trois ans.
1979 : il se convertit au christianisme.
1988 : il commence son never ending tour (« tournée sans fin »), expression inventée par la critique pour qualifier une tournée quasiment ininterrompue jusqu’à ce jour.
2008 : il obtient le prix Pulitzer de musique.
Mai 2016 : il publie son dernier album en date, Fallen Angels, composé de reprises de Frank Sinatra.

Sources :
http://www.lemonde.fr/prix-nobel/article/2016/10/13/le-prix-nobel-de-litterature-2016-est-decerne-a-bob-dylan_5013052_1772031.html
http://www.lemonde.fr/musiques/article/2016/10/13/le-prix-nobel-de-bob-dylan-salue-par-le-monde-de-la-musique_5013307_1654986.html

mardi 11 octobre 2016

PIB

Le service du prêt inter bibliothèques s'est vu contraint d'adapter ses fréquences... La camionnette de transport des livres ne passera désormais plus que le lundi. Il faudra dès lors un délai d'une à deux semaine(s) pour réceptionner un livre provenant d'une autre bibliothèque que la vôtre.



vendredi 7 octobre 2016

Les loups sont entrés dans Paris...

Les loups sont entrés dans Paris est une chanson française écrite par Albert Vidalie, sur une musique de Louis Bessières, interprétée par Serge Reggiani.

Histoire
La chanson, créée en 1967 et produite par Jacques Canetti, est incluse dans le second 33 tours de Serge Reggiani, qui l'interprète la même année sur la scène de Bobino, rencontrant un fort succès.
De l'aveu de Serge Reggiani en 1976, c'est une chanson qui « écrase » le reste de son répertoire et ne peut pas être chantée en milieu de tour de chant.
La chanson est communément admise comme une allégorie de l'avancée de l'armée allemande vers Paris, et une ode à la Résistance. Au cours d'un entretien radiophonique, Serge Reggiani a toutefois déclaré  : « La chanson a été écrite à la suite d'un fait divers entendu à la radio, l'entrée de loups à Madrid. » et le texte serait à prendre au pied de la lettre. Albert Vidalie prétendait quant à lui qu'il avait eu une prémonition de Mai 68...
Reprises
2004, par Juliette Noureddine sur le double CD de compilation Ma vie, mon œuvre (vol. 1), 20 ans, 20 chansons.
Interprétée par Catherine Ringer et Patrick Bruel à la soirée de soutien à Charlie Hebdo et aux victimes de l'attentat subi par le journal, le 11 janvier 2015. (Source Wikipedia)


Paroles
Les hommes avaient perdu le goût
 De vivre, et se foutaient de tout
 Leurs mères, leurs frangins, leurs nanas
 Pour eux c'était qu'du cinéma
 Le ciel redevenait sauvage,
 Le béton bouffait l'paysage... alors

 Les loups, ououh! ououououh!
 Les loups étaient loin de Paris
 En Croatie, en Germanie
 Les loups étaient loin de Paris
 J'aimais ton rire, charmante Elvire
 Les loups étaient loin de Paris.

 Mais ça fait cinquante lieues
 Dans une nuit à queue leu leu
 Dès que ça flaire une ripaille
 De morts sur un champ de bataille
 Dès que la peur hante les rues
 Les loups s'en viennent la nuit venue... alors

 Les loups, ououh! ououououh!
 Les loups ont regardé vers Paris
 De Croatie, de Germanie
 Les loups ont regardé vers Paris
 Tu peux sourire, charmante Elvire
 Les loups regardent vers Paris.

 Et v'là qu'il fit un rude hiver
 Cent congestions en fait divers
 Volets clos, on claquait des dents
 Même dans les beaux arrondissements
 Et personne n'osait plus le soir
 Affronter la neige des boulevards... alors

 Des loups ououh! ououououh!
 Des loups sont entrés dans Paris
 L'un par Issy, l'autre par Ivry
 Deux loups sont entrés dans Paris
 Ah tu peux rire, charmante Elvire
 Deux loups sont entrés dans Paris.

 Le premier n'avait plus qu'un oeil
 C'était un vieux mâle de Krivoï
 Il installa ses dix femelles
 Dans le maigre square de Grenelle
 Et nourrit ses deux cents petits
 Avec les enfants de Passy... alors

 Cent loups, ououh! ououououh!
 Cent loups sont entrés dans Paris
 Soit par Issy, soit par Ivry
 Cent loups sont entrés dans Paris
 Cessez de rire, charmante Elvire
 Cent loups sont entrés dans Paris.

 Le deuxième n'avait que trois pattes
 C'était un loup gris des Carpates
 Qu'on appelait Carêm'-Prenant
 Il fit faire gras à ses enfants
 Et leur offrit six ministères
 Et tous les gardiens des fourrières... alors

 Les loups ououh! ououououh!
 Les loups ont envahi Paris
 Soit par Issy, soit par Ivry
 Les loups ont envahi Paris
 Cessez de rire, charmante Elvire
 Les loups ont envahi Paris.

 Attirés par l'odeur du sang
 Il en vint des mille et des cents
 Faire carouss', liesse et bombance
 Dans ce foutu pays de France
 Jusqu'à c'que les hommes aient retrouvé
 L'amour et la fraternité.... alors

 Les loups ououh! ououououh!
 Les loups sont sortis de Paris
 Soit par Issy, soit par Ivry
 Les loups sont sortis de Paris
 Tu peux sourire, charmante Elvire
 Les loups sont sortis de Paris
 J'aime ton rire, charmante Elvire

 Les loups sont sortis de Paris...

Nouveau numéro

Le dernier numéro de notre revue, Les bibliothécaires se cachent pour lire, vient de paraître !
Il a pour thème : le LOUP


mercredi 5 octobre 2016

Elena Ferrante, le nouveau nom de la littérature

"Je crois que les livres, une fois qu'ils sont écrits, n'ont pas besoin de leurs auteurs." Elena Ferrante


Aimez-vous les mystères? Si vous aimez les romans il y a de grandes chances pour que vous répondiez : oui.

Parce que commencer un roman c'est un peu ça, c'est être guidé à tâtons dans un chemin inconnu.


Moi, j'aime les mystères et je trouvais que ne pas savoir qui était vraiment Elena Ferrante, ajoutait à sa littérature un éclat particulier. Cet éclat a été terni par Claudio Gatti, journaliste italien, qui a dévoilé en dépit de la volonté de l'écrivaine, sa réelle identité.
Nous savons maintenant avec certitude qu'Elena Ferrante est le pseudonyme d'une femme qui vit à Rome, qui est aussi traductrice, qui a également une maison en Toscane... Et alors quoi? En quoi cela nous engage-t-il plus dans son œuvre?  Est-ce que cela nous donne de nouvelles lumières pour lire ses romans? Je ne pense pas. Alors, chut...et lisons.




Pour ceux qui ont la chance de ne l'avoir jamais lue, Elena Ferrante est l'auteure d'une saga : L'amie Prodigieuse. Cette tétralogie napolitaine a débuté en 2011 et a été vendue à plus de deux millions d'exemplaires et traduite dans plus de 40 pays ! Elle raconte l'histoire d'Elena et Lila, deux amies qui, à la fin des années cinquante, vivent dans un quartier pauvre de Naples et que nous suivons de leur prime jeunesse à leur vie de femme.

L'amie prodigieuse et Le nouveau nom font partie de ces romans qui, une fois commencés, ne se lâchent plus et qui, une fois la dernière page tournée, vous font pousser un seul cri : Je veux la suiiiiiiiiiite !!!!!