vendredi 8 juillet 2016

Période noire pour la littérature

Alors que l’on commémore les  400 ans de la mort de Shakespeare, la première partie de cette année fût bien noire pour le monde de la littérature, qui a perdu quelques-unes de ses plus grosses pointures.

Quand un écrivain meurt, la meilleure façon de lui rendre hommage est de continuer à lire et à aimer ses livres. Si vous voulez vous (re)plonger dans leurs plus belles pages, voici les ouvrages qui ont fait leur succès.
Benoîte Groult  
 

L’écrivaine, journaliste, féministe, nous a quitté le mois dernier, à l’âge de 96 ans. Entre beaucoup d’autres combats, elle a œuvré pour la féminisation des noms de métiers. Son premier roman, écrit avec sa sœur Flora en 1962, porte son nom  - « Journal à quatre mains » - à merveille. Quant à son premier succès solo, « Ainsi soit-elle », un essai virulent sur la condition imposée aux femmes, il a été publié en 1975.
Si vous êtes plutôt romans, nous vous conseillons de commencer par l’un de ces deux titres. Et si cette grande dame vous inspire, perdez-vous dans « Mon évasion », son autobiographie publiée en 2008.
Martin Gray
Survivant du ghetto de Varsovie, Martin Gray était l’auteur du best-seller « Au nom de tous les miens ». Ce récit autobiographique a été publié en 1971, vendu à plus de 30 millions d'exemplaires, traduit en 26 langues et adapté au cinéma.

Depuis 2001, il résidait en Belgique et avait été fait citoyen d'honneur de la ville de Ciney, où il est décédé à l’âge de 93 ans.
Michel Tournier
Venu tardivement à l’écriture – il avait 42 ans à la parution de son premier roman - Michel Tournier est l’auteur d’une dizaine de romans, de recueils de conte et nouvelles et de quelques essais.

En 1970, il obtient le prix Goncourt à l’unanimité pour « Le Roi des aulnes ». Il a aussi réinventé Robinson Crusoé pour les petits et les grands avec « Vendredi et les Limbes du Pacifique » et son pendant pour la jeunesse : « Vendredi ou la vie sauvage ».
Umberto Eco
Umberto Eco avait publié son premier roman en 1984, alors qu’il approchait la cinquantaine.

Il était l’écrivain du formidable « Le nom de la rose », une enquête policière au sein d’une communauté religieuse au XIVe siècle. Celle-ci a été traduite en une quarantaine de langues et adaptée au cinéma, lui assurant une notoriété quasi universelle.
Umberto Eco avait étudié la philosophie et publié pas mal d’essais sur la sémiotique et la communication.
Harper Lee
Auteure d’un seul et unique roman, « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur », Harper Lee ne parviendra jamais à en écrire un second.  
Le succès a eu un très mauvais effet sur moi, déclarera-t-elle.
Ce roman lui offre, néanmoins, une reconnaissance mondiale en tant que célébrité littéraire. Reconnaissance inébranlable, malgré sa profonde aversion pour les médias, qui cachait une très grande humilité.
Alain Decaux
Auteur d’une soixantaine d’opus, l'écrivain et académicien français Alain Decaux s’en est allé à l’âge de 90 ans.
Élu à l'Académie française en 1979, ministre de la Francophonie du gouvernement Rocard (1988-1991), ce grand conteur et vulgarisateur a créé et animé plusieurs émissions télé devenues cultes (dont « La tribune de l’histoire »).

Parmi ses grands succès, citons « Les grands mystères du passé », « Grands secrets, grandes énigmes » ou « Grandes aventures de l'histoire », mais aussi la Bible, qu’il amène à la portée des enfants.
Juliette Benzoni
Elle a fait aimer l’histoire à des millions de Français, Juliette Benzoni, la doyenne du roman historique, s’est éteinte à l’âge de 95 ans. Elle nous laisse 86 ouvrages, qu’elle écrivait avec une régularité métronomique : un volume tous les 7 mois. Sa production – mêlant histoires d’amour et grande Histoire - avait très vite était étiquetée de « roman populaire », ce qui avait le don de l’agacer. Seulement, avec plus de 300 millions d’exemplaires vendus, elle était considérée comme la romancière française la plus vendeuse.

Après une courte incursion dans le monde du journalisme, elle publie son premier roman, « Catherine » en 1962. Cinq autres volumes suivront, et de nombreuses autres sagas dont certaines furent même adaptées à la télévision.
Deux semaines avant sa mort, elle publiait ce qui sera son dernier opus « Le vol du Sancy ». Elle ne parcourra donc plus les bibliothèques qu’elle a tant aimées et où elle glanait anecdotes et aventures à raconter .
Edmonde Charles-Roux
Libre, rebelle, audacieuse, anticonformiste, indocile, autant d’adjectifs qui définissent parfaitement Edmonde Charles-Roux, pourtant profondément allergique aux étiquettes.
D’abord héroïne de la Résistance, ensuite journaliste chez Vogue, membre puis présidente de l’académie Goncourt, l’auteure multifacette, âgée de 95 ans, a jeté les armes.

Ses œuvres, parmi lesquelles « Oublier Palerme » (pour laquelle elle avait obtenu le Goncourt), « Elle, Adrienne », « L'Irrégulière » (une biographie de Coco Chanel), « Une enfance sicilienne », « Un désir d'Orient » ou « Nomade j'étais », sont traduites en une vingtaine de langues.
Elie Wiesel
Le journaliste et écrivain américain Elie Wiesel, originaire de Roumanie est décédé à l’âge de 87 ans. Récompensé du prix Nobel de la paix, il avait amené l’histoire de la Shoah, dont il était rescapé, à être mieux connue et s’était positionné à plusieurs reprises contre les génocides dans le monde.
Son livre « La Nuit » est resté sur la liste des meilleures ventes du New York Times, The New York Times bestseller list, pendant neuf semaines d'affilée, un record inégalé pour un livre de non-fiction.


(Sources : lemonde.fr, lefigaro.fr, lesoir.be, bibliobs.nouvelobs.com, leparisien.fr, wikipedia.org)

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