mardi 2 février 2016

Ma vie de stagiaire...

Une phrase que j’ai entendue indirectement  récemment fut : «  j’ai pas besoin de lire le livre, j’ai vu le film ». Je trouve que c’est représentatif de l’époque à laquelle on vit.
Maintenant on va télécharger (légalement ou non), le film qu’on veut voir.
Peut-importe si c’est tiré d’un livre. Si ça l’est, on ne va pas chercher à le lire.
La différence première que l’on se fait est : la précision de l’un par rapport à l’autre
Le livre est plus précis, sur différents points, que le film. Tant dans les événements, que du point de vue des personnages, des relations entre eux, ou de l’intrigue.
On peut citer comme exemple Peter Pan ou Cendrillon. Savez–vous notamment que dans la version originale écrite par James Matthew Barrie, nous avons un portrait beaucoup plus sombre et profond de  Peter Pan. Dans la réalité, c’est l’auteur qui a perdu son frère et qui tente vainement de le remplacer pour voir sa mère à nouveau heureuse. Mais cela ne marche pas. Voilà la naissance même de Peter Pan. Il a été abandonné par sa mère. Il est enfermé dans un sentiment de solitude. Il va sans cesse demander à Wendy de lui raconter des histoires.[1]
Or Walt Disney nous donne une adaptation différente du livre, au point de changer du tout au tout le caractère de Peter Pan. Il le rend aventureux, gentil, qui combat constamment le Capitaine Crochet et qui est entouré de personnages féminins qui l’aiment (Wendy, Clochette, Lily La Tigresse. On n’explique pas la blessure que Peter a eu. C’est dommage car cela donne une autre symbolique et un autre point de vue à cette histoire. Walt Disney, change souvent les contes qu’il adapte pour que le public (enfantin en priorité), ne soit pas choqué par ce qu’il voit.
Un autre exemple serait Cendrillon. Dans le conte original, c’est une pantoufle de vair. Le vair est la fourrure de l’écureuil. Dans le conte, c’est une pantoufle de verre. La différence est grande c’est pour éviter de choquer les petits enfants qui regardent l’histoire.

Un autre point est l’imagination fertile et sans limite du lecteur
L’imagination est fertile. On visualise les mots directement dans notre esprit. On le fait de manière naturelle. Le lecteur peut s’imaginer comme il le veut les scènes de descriptions. Ce qui, avec l’adaptation d’un livre en film, n’est pas possible. Car là, le choix de la narration et des décors sont choisis par le réalisateur du film et son équipe. Cela peut être frustrant pour le spectateur. Parce que ce n’est pas comme il le pensait.  

Il se peut que parfois, on soit plus attaché à des personnages ou à des scènes du bouquin qu’à son  adaptation au cinéma. En fonction des situations, on ressent des émotions comme la joie, la peur, l’angoisse, l’étonnement, la surprise, l’incertitude, l’envie de savoir ce qu’il va se passer et bien d’autres choses encore.
Un passage marquant :
« Mais - et j’en serai éternellement reconnaissante aux gens du district Douze – personne n’applaudit. Pas même parmi ceux qui prennent les paris, ceux qui, d’ordinaire, se moquent bien de ce genre de choses. Peut-être parce qu’ils m’ont vue à la plaque, ou ont connu mon père, ou rencontré  Prim, que tout le monde adore. De sorte qu’au lieu de recevoir des applaudissements je reste là, immobile, pendant qu’ils affichent leur désapprobation de la manière la plus courageuse. Par le silence. Qui signifie que nous ne sommes pas d’accord. Que nous n’excusons rien. Que cela est mal. Il arrive alors une chose inattendue. Pour moi, en tout cas, parce que je ne pensais  pas compter dans le District Douze. Mais il s'est produit un changement quand je me suis avancée pour prendre la place de Prim, et on dirait désormais que je suis devenue quelqu’un de précieux. Une personne, puis deux, puis quasiment toute la foule porte les trois doigts du milieu de la main gauche à ses lèvres avant de les tendre vers moi. C’est un vieux geste de notre district, rarement utilisé, qu’on voit parfois lors des funérailles. Un geste de remerciement, d’admiration, d’adieu à ceux que l’on aime »[2]        
Lire numériquement ou en version papier est tellement plus riche.
Notre imagination est sans limite.
C’est nous même qui nous créons le film.

N’hésitez pas.
Lancez-vous.

Fanny Teheux - Stagiaire




[1] Institut suisse Jeunesse et Médias (Annie Rolland). Peter pan, le vieil enfant… [en ligne]. Dernière mise à jour : le 28/08/2010. [consulté le 28/01/2016]. Disponible sur : http://www.ricochet-jeunes.org/le-livre-en-analyse/article/131-peter-pan-le-vieil-enfant

[2] Suzanne Collins. Hunger Game. Paris : Rocket Jeunesse, 2009. 398 p. (Science-fiction). 978-2-266-18269-0

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