vendredi 3 avril 2015

... Ecrivez-vous le français non sexiste ?



" Un homme sur deux est une femme." Proverbe féministe.



Il y a peu, certaines associations féministes françaises, (  L'égalité c'est pas sorcier , Le monde selon les femmes et Femmes solidaires ), ont lancé une pétition destinée à l'Académie française. L'intitulé ?  " Que les hommes et les femmes soient belles ! " Le but ? S'en prendre à cette règle grammaticale qui veut qu'au pluriel, ce soit toujours le masculin qui l'emporte. Les signataires revendiquent donc que lorsque les noms sont de genres différents, l'adjectif s'accorde avec le mot le plus proche. Il s'agit de la règle de proximité. Celle-ci était déjà d'application dans l'ancien français, ainsi qu'en grec ancien et en latin. Mais ce n'est pas tout. Car un peu partout sur la toile, nombreux sont celles et ceux, ( celleux, comme vous pourrez le découvrir à la fin de l'article ), qui n'ont pas attendu la permission de l'Académie française pour bousculer la belle langue de Simone de Beauvoir.

Guide du langage non sexiste

Pour que le féminin ne soit pas " caché " derrière le masculin (masculin désigné comme " neutre " dans l'usage traditionnel ), il existe plusieurs solutions :

  • l’emploi du point suspendu :  « musicien·ne·s », « motivé·e·s », et même l’article « un·e »...
    Le point suspendu est un caractère spécial qui s’obtient en maintenant la touche Alt du clavier enfoncée et puis en tapant le chiffre « 250 » sur le clavier numérique.
  •  l’emploi du trait d’union et de sa forte symbolique unioniste : « musicien-ne-s », « motivé-e-s », et même l’article « un-e »...
  •  l’emploi du E majuscule : « motivéEs »... Peut-être moins égalitaire, car la majuscule met davantage l’accent sur le féminin. C’est la méthode employée en allemand.
  •  la création de mots trans-genres : « Illes » ou « els » pour « Ils et elles », « celleux » ou « ceulles » pour « celles et ceux », « chanteureuses » ou « chanteuseurs » pour chanteurs et chanteuses.
  • la terminaison bi-genrée : « acteurs/trices » ou « acteurs-trices » ou « actrices·eurs » (pour cette dernière forme en mettant le féminin en premier).
  • l’emploi de terme épicène, c’est-à-dire neutre du point de vue du genre : parler de « personnes » plutôt que d’« individus » (ou d’« individu-e-s »). On notera que personne, bien que féminin, peut être employé pour des personnes masculines.
  • Pour désigner une personne au genre fluide ou intersexe, il existe : « elli » ou « yel » pour « ni il ni elle » mais une personne sans connotation de genre. 

Voilà ! Une autre façon de faire le ménage... dans la langue française !


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