jeudi 26 février 2015

L'île du point Némo

  Blas de Roblès Jean-Marie
 
On est d'abord attiré comme un aimant par la couverture hypnotique, signature des fabuleuses édition Zulma, et puis le nom de l'auteur s'il n'est pas célèbre nous dit quelque chose... Un nom long, un peu compliqué Jean-Marie Blas de Roblès, si ce jour là notre mémoire est assez vaillante, on se souviendra qu'il a remporté en 2008 le pris Médicis et le grand prix Jean-Giono pour son roman" Là où les tigres sont chez eux".
 
Il ne nous reste plus qu'à nous emparer de cette somme de 457 pages, de l'ouvrir et de lire les premières lignes :"Le tigre à droite, désormais invisible, à gauche les hauteurs pelées des monts Gordiens ; entre les deux, la plaine ressemblait à un désert fourmillant de carabes à reflets d'or. C'était à Gaugamèles, moins de trois ans après la cent douzième Olympiade. Darius avait aligné quelque deux cent mille fantassins et trente mille cavaliers : Indiens auxiliaires, troupes de Bactriane conduites par leurs Satrapes respectifs, Scythes d'Asie..."
 
C'est d'abord la rencontre avec une langue exquise et mytérieuse qui nous emporte. Puis viens la découverte de l'intrigue  l'histoire de l'Ananké, un diamant de huit cents carats, volé dans le château écossais de Lady MacRae. C'est une folle équipée, Martial Cantere, richissime dandy opiomane, son vieil ami Holmes et la très astucieuse Miss Sherrington qui se lancent à sa recherche. L'aventure est jubilatoire puisqu'elle nous entraîne de Londres, à la Sibérie en passant par la Chine et l'Australie, pour finir sur un îlot inconnu du Pacifique qui réserve des surprises pour le moins inattendues...
 
Un roman sachant allié imagination, humour et intelligence qui vous emporte très, très loin...
 .

jeudi 19 février 2015

... Et si les bêtes n'étaient pas si bêtes ?

Encore tout récemment, de nombreux articles nous expliquant que les humains n'étaient pas les seuls à posséder une culture ont été publiés. Et si les bêtes n'étaient pas si bêtes que ça ? Entre chiens et chats, voici les deux livres que nous vous proposons cette semaine...

Chienne de vie ! : troubles émotionnels et maladies de l'âme chez les animaux / Laurel Braitman



C'est sans doute parce qu'elle était " propriétaire " d'un chien à problèmes, que l'universitaire Laurel Braitman s'est penchée sur les troubles émotionnels des animaux. Dresseurs de zoos, de cirques ou de studios de cinéma, psychiatres en centre de réhabilitation  pour les chiens de l'armée américaine, vétérinaires ou propriétaires anonymes, tous témoignent ici de l'incroyable richesse de la psyché animale... Hé oui, nous ne sommes pas les seuls à avoir des T.O.C !! Un livre exceptionnel, salué et préfacé par le psychiatre et éthologue Boris Cyrulnik.

Un chat médium nommé Oscar



Sur la Côte des Etats-Unis, il est un établissement accueillant des patients en phase terminale qui comptent un hôte un peu spécial : Oscar. Oscar est dotée d'un étrange talent. Lorsqu'il se couche sur le lit d'un patient, celui-ci décède peu après. Non, il ne s'agit pas d'une fiction, mais de faits réels et étranges. Bon, les chats ne sont peut-être pas médium, mais gageons qu'ils sont capables de reconnaître certains signes dans notre langage non verbal. Un livre qui apporte également une réflexion sur l'accompagnement de fin de vie.

Chienne de vie  ! : troubles émotionnels et maladies de l' âme chez les animaux / Laurel Braitman ; traduit de l'anglais ( américain ) par Laurent Bury ; préface de Boris Cyrulnik, Paris : Autrement, 2014

Un chat médium nommé Oscar / David Dosa ; traduit de l'américain par Blandine Roques, Paris : Archipoche, 2010

lundi 16 février 2015

Chers amis lecteurs et amateurs de bonnes blagues, nous préparons le prochain numéro de notre revue mensuelle, "Les bibliothécaires se cachent pour lire", qui aura pour thème : L'HUMOUR ! Pour la compléter, nous faisons appel à vous : nous aimerions que nos fidèles lecteurs nous fassent part d'une bonne petite blague! 
Vous pouvez nous l'envoyer par mail à brand.whitlock@brunette.brucity.be

Parcours d'une étoile : "Constellation" d'Adrien Bosc



"Entendre les morts, écrire leur légende minuscule et offrir à quarante-huit hommes et femmes, comme autant de constellations, vie et récit."
Adrien Bosc

Le 28 octobre 1949,  entre la montagne Redondo et le Pico de Vara, sur l'île de Sao Miguel, le Constellation, avion de la compagnie Air-France, s'écrase tuant les 48 personnes siégeant à son bord.
Ce tombeau d'acier piloté par M. Howard Hugues ne laissera aucun survivant...

Ce qui intéresse Adrien Bosc dans ce premier roman, ce n'est pas "comment ?" mais "pourquoi ?".
Pourquoi suffit-il de quelques signes infimes pour que la vie de 48 personnes soit anéantie ?
Et qui sont les passagers ? Si l'on connait Marcel Cerdan, l'amant boxeur d'Edith Piaf, et Ginette Neveu, violoncelliste prodige, qui sont les autres?

Scrupuleusement documenté et habilement construit, ce roman alterne les chapitres consacrés au récit du vol et ceux restituant la biographie des victimes. C'est dans cette alternance palpitante qu'Adrien Bosc parvient à captiver le lecteur.


Constellation a été couronné par le grand prix de l'Académie Française.


mercredi 4 février 2015

Le monde a-t-il un sens ? Un livre pour envisager l'avenir autrement.



" De tous les systèmes économiques et sociaux, le capitalisme est sans conteste le plus naturel. Cela suffit déjà à indiquer qu'il devra être le pire".Voilà ce que Michel Houellebecq  nous écrivait dans  " Extension du domaine de la lutte ". Une chose est sûre :  Jean Marie Pelt et  Pierre Rabhi  ne seraient pas d'accord avec lui ! En effet, amis de longue date, les deux intellectuels nous font découvrir dans cet ouvrage rédigé à quatre mains, une vision de la nature pour le moins différente...

Dans la première partie de l'ouvrage, Jean-Marie Pelt nous démontre, exemples à l'appui, que dans la longue histoire de l'univers, l'évolution a toujours conduit les éléments les plus simples à s'associer pour former des entités plus complexes. C'est ce qu'il appelle le principe d'associativité, principe qui va à l'encontre de notre vision habituelle de la nature, (et donc de celle de Michel Houellebecq) , où tout ne serait que rivalité et concurrence.

Dans la deuxième partie de l'ouvrage, c'est Pierre Rabhi qui prend la parole, et qui nous livre ses réflexions sur le monde d'aujourd'hui, un monde basé le plus souvent sur une concurrence acharnée...

Selon nos deux auteurs, si comme nos anciens, nous voulons tirer leçon de la nature pour organiser notre monde, il faudra donc, une authentique et massive " insurrections des consciences " !

Un livre pour changer nos regards !

Le monde a-t-il un sens ? / Jean-Marie Pelt -Pierre Rabhi, Paris : Fayard, 2014