vendredi 29 novembre 2013



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mercredi 27 novembre 2013

La Fleur de tonnerre de Jean Teullé

  
" Si votre épouse le permet, puisque je suis cuisinière, je vous préparerai de la soupe aux herbes. C'est ma spécialité, mon triomphe. Impossible de trouver un vivant qui en dise du mal " Jean Teulé, Fleur de Tonnerre.

Sans aucune raison apparente, elle a tué des dizaines de ses contemporains, par empoisonnement. Après avoir assassiné sa mère qui la surnommait " Fleur de tonnerre ", elle a tué tout le monde : hommes, femmes, enfants, vieillards et nourrissons. Mais elle savait se montrer si compatissante au chevets des mourants, si bonne, si dévouée, que personne ne la soupçonnait. 
C'est seulement parce qu'elle a laissé trop de traces, qu' Hélène Jégado finit par se faire prendre ... Puis par se faire pendre ! Faisant un sort au mythe de la femme qui ne serait qu'un être d'amour et de douceur, Hélène Jégado est l'une des plus grandes meurtrières de tous les temps : " une sérial killeuse ", comme on dirait aujourd'hui !

Avec le même humour que celui de son célèbre roman " Le magasin des suicides " ( ouvrage que nous possédons à la bibliothèque), c'est sur un ton jubilatoire que Jean Teulé nous conte, sous la forme d'un  road movie à travers la Bretagne, le parcours de sa Fleur de tonnerre, qui, sans jamais savoir prononcer le mot " arsenic ", l'utilisa un nombre inouï de fois pour tuer tous ceux qui ont croisé son chemin. Une plume caustique, qui par ailleurs en dit fort long sur les croyances bretonnes du XIXème siècle!

Fleur de Tonnerre /Jean Teulé, Paris : Julliard, 2013






jeudi 21 novembre 2013

Manu Larcenet, le blast de la BD



Autoportrait de l'artiste-22 mars 2010
visible sur le blog de Manu Larcenet
http://www.manularcenet.com

Emmanuel Larcenet, dit Manu Larcenet, est né le 6 mai 1969 à Issy-les-Moulineaux.
Depuis qu'il a dix ans, Manu Larcenet dessine tous les jours. 
Le dessin est pour lui un langage : "je parle Bande dessiné, il n'y a que comme ça que je me fais comprendre." 
Mais c'est aussi un moyen d'échapper à la dépression qui l'accable depuis l'enfance "quand je dessinais, j'étais tellement concentré que les symptômes qui m'étaient habituels disparaissaient."
Après des études en arts-appliqués, il débute en 1995, influencé par le punk, dans le magazine Fluide glacial. 
S'ensuit une longue collaboration, il  lance notamment Bill Baroud et plusieurs histoires courtes.
Notons aussi plusieurs participations à Spirou magazine.

En 1997, il crée avec Nicolas Lebedel sa propre maison d'édition Les rêveurs de Rune où il publie des œuvres à la fois plus intimes et expérimentales.
À partir de 2000, il connait un début de succès avec Le retour à la terre, succès qui sera consacré en 2003 avec la série Le combat ordinaire qui obtient le prix du meilleur album au Festival d'Angoulême en 2004.
En 2009, le premier opus de Blast, Grasse carcasse,  est publié chez Dargaud.
Si l'on retrouve dans Grasse carcasse, des thèmes abordés dans les BD précédentes, comme la mort du père et la solitude, si l'on retrouve ce trait à la fois rond et tremblé, le premier volume de Blast en demeure incroyablement différent. C'est un album plastique, vivant.
Manu Larcenet se refuse à parler de roman graphique autobiographique
il s'en défend ainsi :"Ce n'est pas autobiographique...Mais je ne parle que de ce qui m'intéresse ou de ce qui me concerne. Je me sers de mes démons pour donner une profondeur aux personnages et à l'histoire". Il dit aussi que Blast raconte le choix d'une vie qu'il aurait pu faire s'il n'avait pas fondé une famille.

 
Grasse carcasse (Blast T.1)


Grasse carcasse, le titre est déjà porteur de ce paradoxe qui porte l'album.

Grasse car Polza (Pomni Leninski Zavety : nom qui signifie en russe souviens-toi des préceptes de Lénine) est obèse, carcasse car il tend à une vie décharnée des obligations sociales.

Tout l'album est tendu entre ces deux points.

Si Polza se goinfre de barres Funky chocolat c'est pour combler une sensation de vide intérieur immense; mais plus il devient gras, plus le vide devient gros et plus il s'isole dans le silence lourd de sa graisse.

Durant de nombreuses années, Polza tente de vivre en bonne adéquation sociale. Critique gastronomique et marié à une "sainte" qui est la seule femme qui ait acceptée de coucher avec lui, il parvient à vivre.
Mais à la mort de son père, il réalise que son père étant mort, il ne peut plus le décevoir et qu'il est donc libre.
Suite à cette révélation, il passe la nuit dehors, s’enivre d'alcools et de médicaments et connait son premier Blast. Sa première vision.
On retrouve dans la description que Polza fait du Blast cette ambivalence entre le lourd et le léger :"Je pesais cent fois mon poids. J'étais suspendu, j'étais léger."
Quand Polza connait le Blast, il est en suspension entre deux états, il n'est plus dans la vie mais pas encore dans la mort.
Il est rentré dans le silence, dans cet instant qui peut durer une éternité, qui peut être bruyant et chaotique, calme et plein.
Le silence et le temps
Car le silence c'est aussi sentir le temps qui passe, "Avant la mort de mon père, je menais la vie comme eux...Je respectais scrupuleusement la minute qui m'étais impartie par le compteur...Il m'aura fallu attendre que mon père meure pour ne plus me satisfaire de...ma minute réglementaire...aujourd'hui, si j'ai besoin de plus de temps...je le prends." raconte Polza au cours du récit.

Manu Larcenet a été très marqué par L'homme qui marche de Jiro tanigushi, une histoire presque muette, où l'on suit les ballades solitaires d'un homme. En réalisant Blast, il voulait créer une sorte d'album contemplatif. Et tout au long de l'album, le lecteur suit Polza dans ses errances silencieuses, il traverse avec lui des paysages sans aucune autre vie que celle propre à la nature et des villes désertées.
La vie de Polza est ailleurs, à la recherche du Blast, à l'intérieur de sa grasse carcasse.


Les trois tomes de Blast : Grasse Carcasse, L'apocalypse selon Saint Jacky et La tête la première sont tous trois des merveilles et ils sont les tous trois disponibles à la bibliothèque Brand Whitlock, si vous ne les avez pas encore lus, nous n'avons qu'un seul conseil : foncez!

Et pour suivre l'oeuvre de Manu Larcenet, vous pouvez consultez son site http://www.manularcenet.com/blog/categorie/leblog


jeudi 14 novembre 2013

Prix Fémina 2013



Cette année, le prix Fémina 2013 a été attribué à Léonora Miano, pour " la saison de l'ombre ", son septième roman. Dans ce livre, la romancière née en 1973 à Douala ( Cameroun ), s'immisce dans la vie de la communauté mulongo embarquée dans la traite négrière de l' Afrique centrale et équatoriale ... Au sein de cette oeuvre, l'auteur fait notamment entendre la voix de ceux qui sont restés en Afrique.

La saison de l'ombre est le roman d'un basculement d'un monde ancien vers un univers nouveau. Au travers du destin de trois femmes, il raconte et dessine les contours de cette zone floue, de cette parenthèse, de cette " saison de l'ombre", précisément où la communauté mulongo ne connaissait pas encore son avenir. "Le roman présente une population devant faire face, du jour au lendemain, à une situation imprévue et incompréhensible, à travers le destin de trois femmes, trois mères du clan Mulungo.", c'est la manière dont Léonora Miano présente sont livre.



Le prix de l'essai, lui, a été attribué à l'impertinent Dictionnaire amoureux de Marcel Proust, rédigé par Jean-Paul Enthoven, et son fils Raphaël. Les deux auteurs ont choisi de ne pas revenir sur les aspects classiques du proustisme, mais de pointer les bizarreries de la vie du célèbre écrivain. De "A comme Agonie à " Z comme Zinedine de Guermantes ", le Dictionnaire amoureux de Proust dénote de ses semblables par son originalité, et c'est sans doute aussi pour cela qu'il a été récompensé !

 Il est à noter également que deux approches distinctes sont effectuées dans ce dictionnaire, puisque le père et le fils n'ont pas la même vision de l'oeuvre proustienne. Un livre riche, donc.



Quant au prix du roman étranger, c'est Richard Ford qui se l'est vu recevoir pour son roman, par ailleurs unanimement salué par la critique : " Canada ". Canada  raconte l'histoire de  Dell Parsons, un jeune adolescent condamné à l'exil par un coup de folies de ses parents improvisés en braqueurs du dimanche... Lorsque ceux-ci sont arrêtés, le jeune garçon hésite entre la fuite et l'orphelinat. C'est la fuite qui fera l'objet de son choix...

Quelques années plus tard, nous pouvons lire le récit de cette extraordinaire aventure qui bouleversa le destin du jeune héros !




mardi 5 novembre 2013

Lemaître est le Goncourt




Le vote a été très serré, Frédéric Verger  avec Arden, son premier roman, a failli le remporter...
Mais, le meilleur ouvrage d'imagination en prose paru dans l'année 2013 a été décerné, ce lundi 4 novembre à 12h45, à Pierre Lemaître pour Au revoir là-haut.

Pierre Lemaître est né le 19 avril 1951 à Paris, c'est un auteur et scénariste connu pour ses romans noirs, Cadres Noirs ayant reçu le prix Le Point du polar en 2010. Au revoir là-haut est la première sortie littéraire de Pierre Lemaître hors du roman policier.

Entre fiction historique et "roman populaire de qualité" (dixit Bernard Pivot), Au revoir là-haut nous raconte le fracas de la première guerre mondiale et les vies émiettées de deux soldats: Albert Maillard et Édouard Péricourt. 
Alors qu'ils sont démobilisés à Paris et traités comme des parias ces deux gueules cassées aux âmes brisées, inventent l'escroquerie du siècle, un coup aussi amorale que fantasque...






Yann Moix a remporté le Renaudot 2013 pour "Naissance" (Grasset).
Pour clôturer la semaine des prix littéraires, les 1142 pages de Naissance de Yann Moix ont reçu le prix Renaudot. Peut-être que ce couronnement, nous donnera le courage d’entamer et, (pour ceux qui sont en vacances), de terminer Naissance....

Avant même leurs nominations, ces deux romans avaient déjà trouvé leurs places dans les rayonnages de la bibliothèque Brand whitlock....
À croire qu'à la bibliothèque nous avons nos indicateurs dans les jurys des prix littéraires...