jeudi 29 mars 2012

l'origine des mots...

Voici une liste alphabétique de mots dont nous vous donnons l’étymologie.

Pourquoi l’étymologie ?

Rechercher l’origine des mots c’est retracer l’histoire de ces mots depuis leur racine embryonnaire jusqu’à leurs définitions les plus complexes. Ainsi nous pouvons « redonner un visage » aux mots de telle sorte qu’ils nous apparaissent non plus comme des signes algébriques sans âme mais comme les témoins successifs de civilisation. Cela nous permet de connaître notre langue à travers le prisme du temps.

• Adolescent . Vient du mot latin adolescens , le participe présent du verbe adolescere , qui signifie grandir. Quant au mot « adulte », il vient du mot adulte, adultus , qui n’est autre que le participe passé de « adolescere ».

• Adorer . Vient du verbe latin adorare , qui signifie « prier. »

• angoisse . Vient du mot latin « angustia » lui-même dérivé de « angustus », signifiant « étroit », « resserrement » (et nous pouvons constater que lorsque nous sommes angoissés, nous avons la gorge « serrée »)

• Arriver. Vient du verbe latin arripare , qui signifie « toucher à la rive ».

• Assumer. Vient du verbe latin assumere qui signigie « prendre sur soi ».

• Bouquin .Signifiait « vieux livre » en 1565. Vient du mot néerlandais « boekijn », qui signifiait « petit livre ». L’imprimerie fleurissait en effet à cette époque dans la région flamande.

• Brouhaha. Dans une farce de 1548, un curé habillé en diable crie « brou, hou, hou, ha, ha, brou, ha, ha. ». Il s’agit d’une déformation onomatopéique de la formule hébraïque baruk habba qui signifie « bénit soit celui qui vient », « baruccaba », qui signifie « confession », « désordre ».

• Condoléance . Est un dérivé de l’ancien verbe condouloir, qui lui-même vient de condolere, signifiant « avoir de la douleur ».

• Demain . Vient du latin de mane, signifie « à partir du matin ».

• Désirer . Vient du lat. desiderare, qui signifie « regretter l’absence de quelque chose ».

• Enfant . Vient du latin infantem, accusatif. de infans ,qui signifiait « qui ne parle pas ». Désignait l’enfant en bas âge.

• Envahir. Vient du latin invadere et signifie," pénétrer dans".

• Morphine.Dérivé de « Morphée », le dieu du sommeil. Dit ainsi en raison des propriétés anesthésiantes de la morphine.

• Mosquée.Vient de l’arabe Masdjid qui signifie « endroit où on adore. »
• Nostalgie. Emprunt du latin médical nostalgia, créé en 1678 par le médecin suisse Hofer avec les mots grecs nostos signifiant « retour », et algos signifiant « souffrance. »

• Personne. Vient du latin personna. (mot d’origine étrusque signifiant « masque de théâtre »)

• Sadisme. Tiré de Sade, nom de l’auteur : le marquis de sade, dont les romans contiennent un érotisme particulier.

• Servir. Vient du latin servire « être esclave » (vient de servus, « le serf »). D’où la signification « être assujetti à, obéir à, avoir égard à » etc.

• Somnanbule. Combinaison du mot latin somnus « sommeil », ambulare « se promener, marcher » .

• Timide . Vient du latin timidus, qui vient du verbe timere « craindre ».

• Tohu bohu .Transcription de la locution hébraïque « thou bohou » employé dans la genèse pour désigner le chaos avant la création du monde.

lundi 26 mars 2012

Antonio Tabucchi


L'auteur italien, Antonio Tabucchi, est décédé ce dimanche à l'âge de 68 ans. Né à Pise en 1943, il part pour Lisbonne à 22 ans. Il tombe amoureux de la ville portugaise qu'il ne quittera plus.
Tabucchi est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages dont le roman "Nocturne indien" qui reçut le Prix Médicis étranger en 1988. Les thèmes principaux de ses histoires sont l'héroïsme, la lâcheté, la trahison, le fascisme européen du 20e siècle, ...
A Lisbonne, il découvre également l'oeuvre du poète Fernando Pessoa qu'il traduira intégralement en italien après avoir consacré plusieurs essais à l'auteur.

Si vous souhaitez découvrir ou redécouvrir l'oeuvre de Tabucchi, certains de ses romans sont disponibles à la bibliothèque :

- Nocturne indien
- Il se fait tard, de plus en plus tard : roman sous forme de lettres
- Tristano meurt
- Petites équivoques sans importance
- Le temps vieillit vite

Si vous souhaitez d'autres oeuvres de l'auteur, nous pouvons les faire transférer pour vous à la bibliothèque via le prêt inter bibliothèques.

mercredi 14 mars 2012

Décès de Giraud-Moebius

Qu’elles soient signées Giraud , Moebius ou Gir, il s’agissait toujours des œuvres du même remarquable artiste. Né Jean Henri Gaston Giraud, le dessinateur du célèbre Blueberry s’en est allé ce 10 mars 2012.

Issu d’un milieu modeste, Jean Giraud naît le 8 mai 1938 à Nogent-sur-Marne. Il passe son enfance dans la banlieue parisienne. Fasciné par les indiens et les cow-boys, il commence à dessiner à 12 ans déjà. Quelques années plus tard, il est remarqué par Jacques Dumas, alias Marijac, dessinateur de bande-dessinée. Il commence pourtant d’abord une carrière dans la mode et la publicité avant de concrétiser sa première histoire : Franck et Jérémie, en 1956.

En 1963, il est contacté par le Magazine Pilote pour dessiner le western BlueBerry, dont le héros deviendra culte. La série sera même adaptée au grand écran en 2004, et le rôle du lieutenant sera repris par Vincent Cassel. Encouragé par ce succès, Jean Giraud décide d’écouter sa passion pour la science-fiction et devient Moebius, en hommage au ruban de Moebius créé par le mathématicien allemand August Ferdinand Moebius. C’est à ce moment que naît le mythe.

Après avoir claqué la porte du magazine Pilote pour désaccord sur la ligne éditoriale, Moebius entre dans la famille de la bande-dessinée de science-fiction underground avec le magazine Métal Hurlant et la maison d’éditions les Humanoïdes Associés, où il croisera l’illustrateur Enki Bilal. Reconnu dans le monde entier avec Arzach, l’histoire « muette » d’un homme et d’un ptérodactyle qui errent, Moebius attire l’attention du cinéma : le scénariste de bande-dessinée franco-chilien Alejandro Jodorowsky lui propose de travailler sur l’adaptation du livre mythique Dune, De Frank Herbert. Cet œuvre est réputée inadaptable. Malgré l’intérêt de Salvador Dali et des Pink Floyd, le projet s’effondrera, faute de moyen. Moebius est alors contacté par Ridley Scott pour collaborer à la direction artistique (conception graphique) du film culte : Alien (1979). Par la suite, il travaillera sur Tron ( 1982), Willow (1988), Abyss(1989) (James Cameron), et Le cinquième élément de Luc Besson.

L’année dernière, la fondation Henri-Cartier Bresson de Paris organisait la toute première rétrospective consacrée à cet artiste, qui sera pour nous inoubliable.

mercredi 7 mars 2012

Une nouvelle collection pour apprendre à aimer lire

Une nouvelle collection : La traversée, a vu le jour aux éditions Weyrich. Celle-ci se donne comme défi particulier de faciliter la lecture d’anciens analphabètes. Car être analphabète, ce n’est pas seulement ne pas savoir lire, c’est aussi ne pas avoir accès à tout un monde dans lequel l’enfant a fait ses premiers pas tout petit déjà…

Le principe de cette nouvelle collection est simple : des auteurs belges (Xavier Deutsch, Amandine Fairon et Claude Raucy pour les premiers tomes) acceptent une relecture de leurs romans par d’anciens analphabètes. Ceux-ci, nouveaux lecteurs, expliquent alors aux auteurs ce qui les a bloqué au cours de leur lecture, mais aussi ce qui les a encouragé. Ensuite les écrivains adaptent leurs textes de façon à ce qu’ils soient accessibles à ce public de non initiés. Pour autant, cela ne veut pas dire que les auteurs vont simplifier les propos de leurs ouvrages. Claude Raucy explique : « Si un lecteur expérimenté trouve notre livre « gaga », c’est qu’on a raté quelque-chose, même si on écrit autrement il ne faut pas infantiliser nos lecteurs ! »
Toujours Claude Raucy nous dit : « J’ai appris à renoncer à des tics de langage : des métaphores, des ellipses… Par ailleurs, je pense qu’il est crucial de donner le goût de la lecture à ces adultes. Plus que des livres destinés aux enfants et aux ados, ces romans sont peut-être la seule introduction pour eux à Honoré de Balzac ou Victor Hugo »

Aujourd’hui, Sans dire un mot de Xavier Deutsch, L’attente d’Amandine Fairon et Les cerises de Salomon de Claude Raucy sortent de presse.

Une tribune sera consacrée à ce sujet à la Foire du livre, ce lundi 5 mars à 15 heures.