mercredi 30 novembre 2011

" Sur le chemin des contes brésiliens" : notre exposition du 5 au 16 dcémbre 2011

Lancé à Bruxelles en 1969, Europalia est un festival international qui présente tous les deux ans le patrimoine culturel d’un pays. Cette année, Europalia nous entraîne au Brésil. Ce pays en mouvement, qui a toujours su puiser dans ses origines et dans la mosaïque des peuples qui le compose, nous offre une culture très riche et pour le moins fascinante. A elle seule, elle nous montre à quel point les différences sont un enrichissement pour chacun d’entre nous. C’est dans le cadre d’Europalia Brésil donc, que notre bibliothèque organise son exposition, dont le thème est le conte brésilien. Non contente de participer à sa manière à Europalia Brésil, et d’être ancrée dans l’actualité de sa ville, notre bibliothèque, par cette exposition, remplit les objectifs du nouveau décret relatif aux bibliothèques publiques. En effet, l’exposition ne se suffit pas à elle-même : d’une part, elle a été l’occasion pour les participants de se livrer à des activités créatrices, dont les résultats font l’objet de l’exposition, et d’autre part, l’exposition compte parmi ses objectifs de créer une ambiance agréable, et propice à des « Heures du conte brésiliens. »

Les contes brésiliens

Les contes brésiliens sont le miroir, le reflet de la culture Brésilienne. A son instar, les contes brésiliens se métissent, une légende en enrichissant une autre. Les contes brésiliens sont majoritairement d’origine indienne et africaine. Ils sont un mélange de légendes et de faits réels. Ces légendes expliquent à leurs manières les nombreux mystères du monde que sont la nuit et le jour, la vie, la mort ou la beauté. Ainsi, dans « Rêve noir d’un lapin blanc », un petit lapin blanc s’interroge sur la beauté noire d’une petite fille africaine. Que faudrait-il qu’il fasse pour avoir une belle peau comme elle ? Les contes brésiliens racontent aussi d’une manière originale les origines du monde : dans « Comment la nuit vint au monde et autres contes brésiliens », nous apprenons que selon la légende, il y a d’abord eu le jour, et non la nuit. Mais il s’agit aussi souvent d’amour et de sagesse.

L’exposition

Comme dit plus haut, les participants de l’exposition se sont livrés à des activités créatrices, dont les résultats sont les objets de l’exposition. Certains contes ont fait l’objet d’atelier d’écriture. Un concours a notamment été lancé auprès de deux classes d’élèves du lycée car du Lycée Daschbeck.. L’objet de ce concours était de créer un conte à partir du livre « le petit marchand des rues », qui n’est fait que d’illustrations. C’est à vous de voter pour le conte qui vous plaît le plus. D’autres élèves ont raconté les contes appris en classe par les moyens d’expression que sont le dessin, la peinture, ou encore d’autres formes d’art plastique. Un théâtre d’ombre a été réalisé. Le tout sera exposé dans notre bibliothèque, où vous êtes attendus nombreux ce 5 décembre 2011 à 15 h30, pour le vernissage. Des petits verres de cachaça vous attendent, ainsi que des recettes typiquement brésiliennes, que vous pourrez préparer à la maison.

Les participants

De nombreux élèves ont participé à l’exposition :

• Les élèves de l’école préparatoire Dachsbeck lyscée Daschbecq : 3 classes de première, 4 classes de deuxième, 2 classes de troisième et deux classes de sixième année.

• Les élèves de l’école préparatoire Robert Catteau : 3 classes de sixième année

• Les élèves du Lycée Dachsbeck : 1 classe de première et une classe de deuxième année

• Les élèves de l’Institut Charles Gheude : 1 classe de première année.

• Les résidants du home Le Chantoir.

Tous ont apporté leur part de créativité, et ont déposé l’empreinte de leurs pas, sur le chemin des contes brésiliens. Nous espérons que vous aussi vous saurez le trouver, et nous vous attendons nombreux ce lundi. A tout bientôt.

jeudi 24 novembre 2011

« J’aime pas lire ! »… Quelques idées pour encourager les enfants à aimer la lecture

« Quels pédagogues nous étions lorsque nous n’avions pas le soucis de la pédagogie » (Daniel Pennac)

Face au désintérêt souvent affiché des enfants et des adolescents pour la lecture, nous pourrions nous demander s’il est bien utile d’insister à vouloir leur en donner le goût… Pourquoi, forcément, tout le monde devrait aimer lire ? Tous les goûts ne sont-ils pas dans la nature et pourquoi ne pas respecter ceux de chacun ? Si lire est une liberté, pourquoi serait-ce une obligation ?

Un plaisir et une nécessité

Bien-sûr, nous ne sommes pas tous égaux devant la lecture. Il y aura toujours des personnes qui adoreront lire et d’autres qui aimeront moins cela, sans que cela ne soit un drame. Pourtant, outre le plaisir qu’elle peut représenter, et qui est certes relatif, la lecture n’en reste pas moins un moyen privilégié de s’ouvrir au monde, de se cultiver, d’élargir ses domaines de connaissances. Le monde étant en perpétuel changement, il est souvent utile de savoir comment on se situe par rapport à lui. Il est donc nécessaire d’en connaître l’histoire, et d’avoir accès aux divers domaines de la connaissance, aux différentes façons de penser le monde. Pour cela, lire est le béaba.

Lire, c’est aussi, souvent, entretenir son sens de la curiosité : on en apprend toujours un peu plus sur les différentes civilisations, sur la culture et la spiritualité de chacun.

D’autre part, la maîtrise de la lecture entraîne également l’autonomie au quotidien, et dans ce sens elle est vraiment indispensable.

Quelques pistes pour encourager les enfants à lire

Voici quelques pistes extraites du livre J’aime pas lire/ Delphine de Maupeou ; illustré par Brunos, Editions du temps, 2006 ISBN 2-84274-361-1


• Donner l’exemple

L’enfant qui voit ses parents lire s’identifiera à eux et aura plus facilement envie de s’y mettre, lui aussi. C’est une bonne idée de manifester qu’on lit à son enfant (par exemple lorsqu’on consulte le journal, dire : « tiens, qu’est-ce qu’il y a à la télévision aujourd’hui… ? »)

• Leur lire des histoires

Lire des histoires aux enfants leur permet de se familiariser avec l’objet qu’est le livre. Mais aussi de rentrer dans la magie du récit… Sans cela, lorsque l’enfant ouvrira un livre, il se retrouvera devant une série de mots fastidieux à déchiffrer.


• Continuer de leur lire des histoires lorsqu’ils apprennent à lire à l’école

Continuer de lire des histoires aux enfants lorsqu’ils apprennent à lire est important, cela signifie ne pas les abandonner en cours de route : alors qu’ils étaient baignés dans un monde magique, les voilà seuls devant leur livre à devoir le déchiffrer. Si nous arrêtons de leur lire des histoires, ils oublieront bien vite le plaisir que cela leur apporte, et ce ne sera pour eux plus qu’un devoir.


• Ne pas focaliser sur la performance de l’enfant

Chaque enfant progresse à son rythme.


Ne pas forcément obliger les enfants à lire de grands auteurs


Bien-sûr, c’est intéressant de transmettre aux enfants et adolescents le plaisir des livres que nous avons aimés, et qui sont écrits par de grands auteurs. Mais la littérature jeunesse regorge de livres et est foisonnante de nouveautés. Les enfants se dirigeront un jour vers les classiques, si nous leur en donnons la curiosité.

• Ne pas choisir à la place de l’enfant

Choisir un livre est quelque chose d’extrêmement personnel, alors pourquoi choisir à la place de l’enfant ? Il est mieux d’encourager l’enfant à découvrir ce qu’il aime, lui.

• Accepter que l’enfant ne termine pas toujours son livre

Quand un enfant ne finit pas un livre, ce n’est pas forcément une preuve d’inconstance, ce n’est pas forcément non plus un geste de paresse… C’est peut-être tout simplement parce que le livre ne lui plaît pas, et qu’il a changé d’avis !

• Faire en sorte que l’enfant puisse lire dans le calme
Ne pas déranger l’enfant pendant qu’il lit, et aménager un espace où il puisse le faire dans le calme.

• Faire en sorte que l’enfant ait le temps de lire
Ne pas surcharger ses horaires d’activités extrascolaires

• Tâcher de comprendre ce qui éloigne l’enfant du livre
Dans le cas où toutes ces stratégies ne fonctionnent pas, on peut bien-sûr discuter avec l’enfant. Qu’est-ce qui ne lui plaît pas dans le livre ? Les caractères sont-ils trop petits ? Est-ce le type d’histoires qu’il aime, qui l’intéressent ?

• Aller à la rencontre des livres
Bien-sûr, venir à la bibliothèque

• Partager avec l’enfant ses impressions à propos d’un livre
A Propos d’un livre qu’on lui a lu, ou qu’on a lu chacun de part et d’autre.


Sur ce, notre équipe vous souhaite bonne lecture et bonne chance !

mercredi 16 novembre 2011

"U" : un conte poétique sur le passage de l'enfance à l'adolescence




Connaissez-vous la petite licorne U ? U est une licorne aux longs cheveux blonds, aux grandes oreilles et au corps d’enfant. Une longue queue de cheval lui pousse au bas du dos. L’unique corne qu’elle porte sur son front symbolise l’unicité de la relation qu’elle entretient avec Mona. Car il est impossible de parler de U sans parler de Mona. Si U est là, c’est pour Mona !

Mona est une princesse. Une princesse qu’aucune petite fille au monde n’envierait : depuis que ses parents ont disparu, Mona vit seule avec deux terreurs ; Goomi et son fils Monseigneur. Mona est très malheureuse ; ses deux terreurs passent leur temps à lui donner des ordres. Elle vivra dans la solitude jusqu’au jour où U fera apparition dans sa vie pour l’accompagner : « Je serai là… aussi longtemps que tu auras besoin de moi… », lui dira U

Vous l’aurez compris, U symbolise la personne qui manque tant à la personne préadolescente, mal avec elle-même, se sentant abandonnée mais aussi, souvent, dans le rejet de l’autre. U sait y faire avec Mona. Aussi, lorsque Mona devient une jeune fille, c’est-à-dire « insupportable », U supporte néanmoins avec patience tous les caprices de Mona. Elle est sa compagne, sa petite et sa grande sœur à la fois, elle est sa confidente et sa meilleure amie. U, avec son innocence, sa douceur et sa candeur, symbolise aussi bien le monde de l’enfance qu’elle symbolise celui de la féminité (par exemple celui de « la femme enfant »)

Mais « U », ne s’arrête pas à une histoire d’amitié, il s’agit aussi une histoire d’amour … et de séparation.

Laissons parler Grégoire Solotareff, l’auteur et l’illustrateur de ce livre, (qui au départ était un film d’animation) : « C’est une inspiration qui me vient de l’enfance. En 1960, quand je suis arrivé en France, j’avais visité avec mes parents le musée de Cluny où j’avais admiré la tapisserie de la dame à la Licorne. Plus tard, en lisant des choses sur la Licorne, symbole de la protection de la jeune fille vierge, j’ai eu envie de raconter, à travers elle, une histoire de séparation au moment de la rencontre de l’amour. »

En effet, U va faire la rencontre du chat Kulka. Kulka fait partie du groupe des wéwés. Les Wéwés sont d’étranges petites bêtes sympathiques et avenantes qui voyagent beaucoup. Au début, Kulka ne s’intéressera pas tellement à Mona, mais bien vite les deux êtres vont se rapprocher, et vont finir par s’aimer. C’est ainsi que U va rétrécir, rétrécir et encore rétrécir, jusqu’à en devenir minuscule. Mona, en tombant amoureuse, n’aura plus besoin d’elle. Grâce à la nouvelle autonomie de sa protégée, U, devenue assez petite, va pouvoir s’envoler légère, vers d’autres cieux, où probablement, une autre Mona l’attend.

Lorsque U aura complètement disparue, Kulka racontera à son amoureuse le secret que celle-ci lui avait confié un soir : « Un jour, lorsque leur protégée grandit, les licornes deviennent petites, toutes petites, infiniment petites, et s’en veut, comme ça, poussées par le vent, mais elles ne meurent jamais. Elles réapparaissent ailleurs, lorsque quelqu’un sait les appeler. »

« U » est une histoire semblable à celle de la vie. Elle est belle, et aussi joyeuse qu’elle peut être triste. U est disponible dans notre bibliothèque.

jeudi 10 novembre 2011

Chers lecteurs,
la bibliothèque sera fermée du 11 au 13 novembre inclus.
De plus suite à des travaux techniques de maintenance, nous ne pourrons pas vous prêter de livres du 14 au 20 novembre 2011.
Nous en sommes vraiment désolées.

mercredi 9 novembre 2011

Et te voici permise à tout homme



Anna, religieuse juive orthodoxe, a fait la rencontre de Sacha dans la librairie qu’elle tenait. Sacha, juif non religieux et non pratiquant, était avide d’en savoir plus sur la religion de son peuple. Anna l’a donc aidé à découvrir les grands auteurs de la pensée juive. Petit à petit, les deux êtres se sont apprivoisés et sont tombés amoureux l’un de l’autre.

Rien n’aurait dû s’opposer à leur amour, si ce n’est qu’Anna est unie religieusement à un homme qui ne veut pas la délivrer de son statut de femme mariée.

Trois ans auparavant, Anna a divorcé civilement de cet homme car celui-ci la méprisait, et ne la regardait ni avec amour ni avec désir. Mais au regard de la loi juive, c’est le mari qui doit délivrer le guet à sa femme, autrement dit la répudier, et ainsi lui permettre de refaire sa vie. Toute femme s’unissant charnellement à un homme sans avoir reçu le guet, est considéré comme infidèle. Tout enfant naissant d’une telle union est donc considéré comme Mamzer : Bâtard.

Anna, pourtant très amoureuse de Sacha, ne peut renoncer à ses croyances, qui font partie de son identité, et se retrouve ainsi déchirée entre son amour et sa religion. De son côté, Sacha, ne peut comprendre comment on peut rester enchaîné à des traditions séculaires et sexistes.

En effet, le mari d’Anna l’enchaîne à son passé en exerçant sur elle un odieux chantage au guet. Anna doit sacrifier, pour être libre, tous ses biens matériels… Ainsi, il se venge de ce qu’elle a voulu prendre sa liberté.

« Et te voici permise à tout homme », sous ses accents de mélodrames, est un roman très actuel. Il raconte le dilemme de la femme au cœur d’une société dont les mœurs sont libérées, (le roman se passe en France), mais aux prises avec le poids des traditions. Comment rester fidèle à ses croyances tout en aimant comme les femmes peuvent aujourd’hui aimer, c’est toute la question d’Anna, et de bien d’autres femmes…

« Et te voici permise à tout homme », ainsi que les autres romans d’Eliette Abécassis sont disponibles à la bibliothèque.

Et te voici permise à tout homme/ Eliette Abécassis, Paris : Albin Michel, 2011.