mercredi 17 août 2011

La vie en couleurs


Telles de beaux mannequins, les couleurs nous ont accompagnés depuis notre enfance. Quelquefois, elles ont su nous rassurer ou exprimer une émotion que nous avions ressentie. Les couleurs ont mis en lumière le prisme de notre vie.

Selon notre tempérament, notre histoire, nos goûts, ou la période que nous sommes en train de traverser, une même couleur peut avoir une signification différente pour chacun de nous. Pourtant, il existe des standards, des conventions, et plusieurs symboliques pour chaque couleur. Explorons cinq de ces couleurs.


Le blanc


Tour à tour considérée comme une non-couleur puis comme la somme de toutes, le blanc symbolise aujourd’hui la pureté, l’innocence, la candeur. Le blanc est dans nos consciences souvent à l’image de Blanche-Neige. Plongée dans une profonde léthargie dont seul un baiser d’amour la sortira, le nom de blanche-neige évoque autant pour nous l’enfance que la mort. En effet, le blanc est la couleur du deuil dans de nombreux pays.

Un bouquet de roses blanches est considéré comme un signe d’amitié.


Le rouge


Les roses rouges, quant à elles, évoquent la passion. Le rouge est par excellence la couleur du danger, de la sexualité, de l’interdit. Mais s’il évoque le danger, le rouge peut signifier aussi son contraire : la transgression. Ainsi, c’est parce que le petit chaperon rouge n’obéit pas qu’il se retrouve en si mauvaise posture devant le loup.

Le rouge est la couleur du sang, des émotions humaines les plus intenses et les plus vives. Ne dit-on pas que nous sommes rouges de colères ou rouges de hontes ?


Le jaune


C’est la couleur la plus facilement repérable pour l’œil humain. Mais c’est aussi, sans doute, la couleur qui a le plus mauvaise presse. Dès le Moyen Age, cette couleur si vive a pris des connotations négatives : elle symbolise alors la trahison et le mensonge. C’est pourquoi on peint à cette époque de jaune, les maisons des faussaires et des parjures. Cette couleur est également associée à l’adultère.

Au théâtre, la superstition veut qu’aucun costume ni élément de décor ne soit en jaune. On raconte que le soir de sa mort en scène, Molière était vêtu de jaune…


Le vert.


Le vert est la couleur de la détente, du calme et de la nature. Si le vert fut le symbole de malheur pendant très longtemps, la couleur connaît aujourd’hui une réhabilitation, qui a pour origine l’écologie. Le vert symbolise aussi le renouveau, la jeunesse (nos vertes années), et l’assistance.


Le bleu


Pour terminer, parlons du bleu, la couleur du ciel. C’est la plus « immatérielle » de toutes les couleurs. C’est la couleur de l’illusion, du mensonge. Dans certaines religions, elle symbolise la pureté. Mais laissons le peintre Yves Klein s’exprimer à propos de cette couleur à laquelle il a consacré son œuvre , et qui est souvent la couleur préférée dans les pays occidentaux: « Le bleu n'a pas de dimension, il est hors dimension, tandis que les autres couleurs elles en ont [...] Toutes les couleurs amènent des associations d’idées concrètes [...] tandis que le bleu rappelle tout au plus la mer et le ciel, ce qu'il y a de plus abstrait dans la nature tangible et visible. , faisant ainsi également référence au vide, car cela incite à l’imagination. »


Envie d’en savoir un peu plus sur les couleurs ? N’hésitez pas à emprunter nos ouvrages à la bibliothèque.


Sources :


  • Le langage des couleurs/Virginie Neuville, Pauline Clermont, Marabout, 1996
  • Le petit livre des couleurs/Michel Pastoureau, Dominique Simonnet, éditions du Panama, 2005
  • La Bible des couleurs/Réjane Masini-Frydig ; préface de Jean-Michel Weiss, Jouvence Editions, 2009

mercredi 10 août 2011

" C'est un livre"

A l’heure du « tout numérique », nous aimerions vous parler d’un livre. Quel en est le titre ? Justement : « C’est un livre ».

C’est un livre est un petit chef-d’œuvre de Lane Smith, graphiste et créateur d’albums américains. Avec humour et perspicacité, « C’est un livre » interroge la place du livre dans notre société.

En le lisant, le parent, l’enseignant, l’éducateur, se rendra compte que l’évidence de la lecture telle qu’il la connaissait enfant, n’est plus une évidence du tout pour les enfants d’aujourd’hui.

Ainsi, les deux héros de l’histoire (un âne et un singe) s’entretiennent au sujet du livre… Comment fait-on défiler le texte ? On ne le fait pas défiler, il faut tourner les pages : c’est un livre. Le livre n’a pas de code d’accès, pas de pseudo, et il ne faut pas le recharger.

Il ressort du dialogue que le livre et l’ordinateur ne sont pas vraiment en compétition, mais sont très différents..

L’enfant à qui l’histoire sera lue, pourra découvrir la place unique que le livre a pu, et peut avoir dans nos vies. Le livre ainsi « est transmis ». Il ne fait pas partie du passé, mais il a sa place, différente, dans un monde en perpétuel recommencement.

C’est un livre est disponible dans notre bibliothèque.

C’est un livre/ Lane Smith, Gallimard Jeunesse, 2010. ISBN 978-2-07-069651-2

mercredi 3 août 2011

les secrets de Max et Lili


S’il n’y avait qu’une seule chose que les bibliothécaires de la section jeunesse pouvaient remarquer facilement, ce serait bien le succès de la série « Max et Lili ». Quelles que soient les bibliothèques concernées, le type de public ou le tempérament des enfants, les petits livres de la collection « ainsi va la vie » sortent sans cesse des rayons et sont toujours réclamés.

Mais que peuvent bien raconter Max et Lili pour être autant sollicités ?


Des problèmes, des problèmes !

Max et Lili commencent leurs aventures en 1992 dans le magazine bimensuel pour la jeunesse

« Astrapi ». Lili est une petite fille intelligente et coquine, très sensible et toujours à l’affût d’une nouvelle expérience à vivre. Max, lui, est plus terre à terre et casse-cou, il est toujours prêt à s’amuser mais aussi à rendre service. Mais tout n’est pas rose dans la vie de Max et Lili, que du contraire ! Nos petits héros traversent en effet tous les aléas de la vie que sont susceptibles de rencontrer des enfants ou préadolescents de leur époque. (cf. : « Lili se fait piéger sur Internet » , ou « Max et Lili sont fans de marques ».

L’auteur, Dominique de Saint Mars, sourit en se rappelant les prédictions qui ont accueilli sa proposition d’écrire des livres abordant les difficultés de l’enfance : « Une collection de problèmes, cela ne marchera jamais ! » Cette sociologue de formation confie lors d’une interview : « Lorsque j’ai imaginé cette collection, je voulais proposer des livres qui seraient tout sauf angoissants, des livres qui pourraient permettre aux parents de parler avec leurs enfants et aux enfants de voir que d’autres qu’eux pouvaient avoir les mêmes problèmes, les mêmes difficultés. En effet, les parents de Max et Lili sont aimants, répondent toujours présents même s’ils travaillent tous les deux, et privilégient toujours le dialogue. Au fil des aventures, des thèmes aussi délicats que la mort ou la sexualités sont abordés. Les petits livres « psychologiques » se terminent toujours par une série de questions adressées à l’enfant, l’invitant à s’interroger et à penser par lui-même.

Sans doute, Max et Lili, sont pour les enfants comme une nourriture qui aide à grandir spirituellement et intellectuellement !

Une période noire

Mais le succès est venu lors d’une période très noire de notre histoire… En pleine affaire Dutroux, beaucoup de parents se sont rendus compte à quel point le dialogue était un point important dans la prévention contre la pédophilie. Les parents, journalistes et les enseignants se sont alors mis à chercher un soutien, un support qui pouvait les aider dans les discussions avec les enfants. Ils n’ont découvert qu’un seul livre abordant intelligemment le sujet : « Lili a été suivie ». Ce livre est cité en exemple, et est à mettre entre les mains des enfants. C’est ainsi que la série, étant également utile aux parents, devint vite une référence en milieu scolaire et en famille.

Et c’est ainsi également, que les aventures de Max et Lili ont trouvé le chemin qui mène à notre bibliothèque.