mercredi 19 septembre 2018

My absolute darling de Gabriel Tallent



C'est LE roman américain que j'attendais depuis un moment publié chez mon éditeur préféré. C'est juste énorme, puissant, violent, dérangeant, dur.
L'auteur a 31 ans, c'est son premier roman. D'une maturité
incroyable pour son âge, il possède une écriture évocatrice et recherchée. Un écrivain prometteur. De la très belle littérature.
Un roman saisissant, brutal dans la même veine d'un David Vann ou d'un Lance Weller publiés chez le même éditeur.
Je ne pouvais pas lâcher ce roman même si j'ai eu envie de faire des pauses, parce qu'on s'en prend vraiment plein la tête. Pas de répit dans les sensations fortes ressenties tout au long de l'histoire où l'action est dense et les nombreuses situations extrêmes.
Une histoire insoutenable à plusieurs reprises, terrible, qui ne peut laisser indifférent.
Des personnages tragiques, forts, à la psychologie fouillée, qui m'ont mis mal à l'aise par leur relation malsaine, celle d'un père abusif et de sa fille adolescente.
Un père à première vue, intelligent, à l'esprit libre, presque bienveillant, qui se révèle rapidement autoritaire, violent et destructeur. Persuadé que le monde court à sa perte, il offre à sa fille une éducation et un cadre de vie bancals, inadaptés et se montre irresponsable. Son amour immodérée et malsain pour elle est ravageur.
Turtle, sauvageonne, est incapable de s'intégrer aux autres. Son père lui a appris à se détester. Pourtant elle lui voue un amour immense et paradoxalement lutte contre ce tyran qui ne cesse de la briser à la moindre occasion. Elle devra aller au plus profond d'elle-même pour grandir, refuser cet enfermement psychologique et gagner confiance en elle.
L'atmosphère qui règne dans le foyer de cette famille est juste irrespirable et on a qu'une envie : s'enfuir. On assiste à l'horreur. On est révolté. On a envie d'aider Turtle et de la prendre par la main.
Les personnages secondaires ont aussi leur importance. Comme le grand-père qui ne sait pas comment aider sa petite fille. Ou bien Brett et Jacob, deux collégiens qui même s'ils ne peuvent pas imaginer la détresse abyssale et les tourments de Turtle, vont donner une respiration à la jeune fille par leur jovialité et une lueur d'espoir dans sa possible libération de son père et d'elle-même.
Les armes à feu ont un rôle prépondérant dans cette histoire. On est bien aux Etats-unis il n'y a pas de doute.
La nature est quasi omniprésente, belle, traître, destructrice et rédemptrice.
Un roman d'une grande puissance narrative qui provoque chez son lecteur des émotions fortes et extrêmes. Une héroïne tragique, courageuse que je ne suis pas prêt d'oublier.
A noter la très belle traduction de Laura Derajinski qui met en lumière de manière brillante et poétique l'écriture de Gabriel Talent.


Source : Fromtheavenue, Senscritique

mardi 11 septembre 2018

Petit manga de la rentrée

One punch man



Ignorant du manga d’One et de sa reprise par Murata (à venir chez Kurokawa) je me suis lancé dans ce manga : la hype autour d'une série produit souvent l'effet inverse chez moi... Mais il y a des exceptions et One Punch Man en fait partie.

Le postulat de départ est assez surprenant (un héros qui éclate ses adversaires en un coup... de poing) et pour le coup "anti-climax" au possible : à quoi bon avoir des ennemis, des combats si, avec Saitama, tout est fini en un coup ?

Pourtant, on peut avoir une série à fort potentiel. Parce que les coups de Saitama c'est quelque chose (visuellement) ; parce que Saitama n'est pas omniscient et omniprésent, donc d'autres peuvent combattre (et galérer plus ou moins). Surtout l'univers du manga est marqué par l'omniprésence de monstres plus ou moins grands (les Titans et Godzilla on a trouvé des rivaux !), puissants : le réservoir semble inépuisable donc Saitama et les autres héros ont du boulot.

Les autres héros ? Oui, dans l'univers de OPM', il y a une association des super-héros qui gère un peu le schmilblick : classement des héros en différentes catégories (et leur progression en fonction de ce qu'ils ont accompli...), les prévenir pour une réunion, les envoyer en mission, classer ces dernières selon le niveau de difficulté...

Au-delà des combats on pénètre donc dans le monde des super-héros : possibilité d'avoir un pseudo', des fans, de recevoir du courrier, l'envers du métier de héros nous apparaît au fil des tomes avec ses bons et ses mauvais côtés (course à la popularité, différences entre les héros des plus hautes catégories et les autres, mécontentement de la population si on l'a sauvé en générant des dégâts...). Surtout que Saitama ne débute pas tout en haut de la hiérarchie, il va devoir grimper les échelons à l'aide de ses poings... et il se retrouvera même avec un disciple dans les basques.


Saitama est donc un héros blasé, que rien n'impressionne (ce qui est l'occasion de nombre de scènes humoristiques), qui rêve d'avoir des adversaires qui résistent à ses coups. Avoir un vrai combat un jour est son rêve mais est-ce qu'il l'aura ? Mystère... Surtout ce héros chauve détonne pas mal avec les autres héros qui le prennent pour un imposteur... Saitama n'est pas un héros comme les autres et il ne cherche pas à être admiré, adulé. Il élimine des monstres, sauve des vies et... ne veut pas être en retard pour les soldes ! 

lundi 3 septembre 2018

Petit manga de la rentrée


GTO


 

Dans sa carrière de Mangaka, Fujisawa pourra au moins se targuer d'avoir inventé l'un des personnages les plus marquants du manga, Eikichi Onizuka.


Cocktail déjanté mixant humour et sérieux, GTO raconte l'histoire (ou les histoires pour être plus juste) d'Onizuka, un ancien loubard qui s'est rangé, et dont l'ambition première est de devenir professeur.

Une fois son vœu réalisé, le manga est une suite d'histoires liées aux problèmes, aux déviances ou encore aux inquiétudes des élèves de sa classe. La psychologie des adolescents devient donc le thème principal et le souci majeur d'Onizuka qui ne jouit évidemment pas des grâces de tous les acteurs du manga.

Les personnages sont pour la plupart attachants et lorsque le manga prend fin, on n'a qu'une envie, qu'Onizuka nous redonne une belle leçon d'humanité sous ses airs de Yankee impulsif à l'intelligence restreinte.

Dans GTO, on rit beaucoup, on pleure parfois, mais on admire l'ingéniosité d'Onizuka à toujours savoir se tirer d'affaire. Le ridicule des situations ne nous lasse pas, la perversité des personnages ne nous exaspère point.

Fujisawa a signé un coup de maître, Onizuka est le personnage presque parfait, excentrique, insouciant et regorgeant d'originalité.

GTO est un manga culte désormais et a placé trop d'espoirs et d'attentes sur le bout de la plume de Fujisawa qui ne rencontra plus le succès qu'il méritait et qui fut obligé de reprendre Onizuka là où il l'avait laissé pour se refaire une santé.

Un incontournable du manga.

mardi 28 août 2018

Petit manga de l'été


Vinland Saga

 

Ecrit et dessiné par Mako Yukimura, qui nous avait déjà offert l'excellent « Planètes », on pouvait attendre pas mal de bonnes choses du manga « Vinland Saga ».


Et pourtant les premiers tomes déstabilisent. On se retrouve devant un shonen tout ce qu'il y a de plus de classique, ayant pour héros Thorfinn, fils d'un guerrier viking légendaire prêt à tout pour se venger.

Heureusement, grâce à une pléiade de personnages charismatiques et un monde viking bien documenté, on ne s'ennuie pas une seconde et on se laisse emporter par ce manga.

Sans cesse surprenant, Vinland Saga arrive, à chaque tome, à envoyer son lecteur dans un monde de découverte, de guerre, d'esclavage mais aussi d'amour et d'amitié. Yukimura a un talent pour mettre en image des fresques sociales. Comme dans Planètes, il arrive à nous dépayser grâce à une construction très précise de ses personnages et du monde dans lequel ils évoluent.

Dans les premiers tomes, on évoque les préceptes et codes guerriers, ensuite on entre dans une fresque beaucoup plus sociale touchant à la fois les codes et mœurs des scandinaves ainsi que l'esclavage pour désormais s'attacher à l'aspiration de la découverte d'un peuple énigmatique tout en continuant à déconstruire l'histoire des vikings.


Ce processus salvateur de construction par étape fait de Vinland Saga une épopée faite d'apprentissage, d'humiliation, de peine, de réussite, d'amour, d'amitié, de découverte, de défaite et de victoire.

Ainsi Vinland Saga possède certainement tous les artifices faisant de lui un must-have : galerie de personnage unique et charismatique, une histoire aussi riche qu'intéressante, un dessin évidemment de très bon niveau. On ne se lasse jamais de lire Vinland Saga car Yukimura possède un certain talent pour orienter son histoire intelligemment, les nouveaux arcs scénaristiques et personnages sont sans cesse bien amenés et donne une forme de virtuosité et de logique au tout.

Une création unique, originale qui doit continuer encore et encore tellement Vinland Saga est riche de possibilités et profite d'un auteur au sommet de son art.

lundi 20 août 2018

Petit manga de l'été


Professeur Layton


 

Est-il encore besoin de présenter le professeur Layton ?

Ce détective et gentleman anglais se fait fort de résoudre les enquêtes les plus complexes, que ce soit le mystère de l’étrange village ou celui de la boîte de Pandore. Avec son jeune assistant Luke et la charmante Flora, il déjoue comme personne les pièges de son ennemi Don Paolo. Le voilà donc mis une nouvelle fois à l’épreuve sur de multiples énigmes : une bombe cachée dans son bureau, un gâteau disparu, une maison hantée et bien d’autres…


Après avoir acquis la licence de la version manga du dessin animé Beyblade, Kazé poursuit le développement de sa collection Kids avec l’adaptation du célèbre jeu vidéo de la Nintendo DS, Professeur Layton.

Ce manga est clairement destiné aux plus jeunes lecteurs car les courtes histoires qui se succèdent ne cherchent pas à toucher un autre public.

Le trait de Naoki Sakura, simple et rond, va à l’essentiel et mise davantage sur le dynamisme et l’humour que sur la précision.

Si les chapitres s’avèrent brefs, chacun est complété par une énigme plus ou moins simple à résoudre, certaines s’intégrant à l’enquête de Layton. Un petit bonus qui plaira aux enfants.

Un manga sympathique et drôle, destiné aux lecteurs les plus jeunes.

Une belle entrée en matière pour faire découvrir le monde du manga.