mardi 15 mai 2018

Chronique du Sablon - Partie huit


Il y avait quantité de petits cafés dans le quartier. Certains étaient des canitjes à guichet. C'est quoi?

Dans la vitrine, du côté comptoir, il y avait une fenêtre qui s'ouvrait sur la rue pour distribuer la bière de table.

A l'heure du repas, midi et soir, des gens, souvent des enfants, venaient équipés d'une cruche avec couvercle, chercher une mesure de bière. Ça papotait dans la file, se bagarrait parfois. Souvent, avant de rentrer à la maison, ils prenaient une bonne lampée, ni vu, ni connu.

Il y avait aussi une friterie sur le sablon, en face de la fontaine, où on pouvait manger les frites sur place avec des harengs, des sardines, ...
Souvent le dimanche, les gosses arrivaient avec un grand plat à remplir de frites pour toute la famille. La sauce était mise dans un petit pot. Avec du poulet, c'est si bon...

Il y avait aussi un marchand de soupe ambulant et, régal des régals, le marchand de crème glacée. Il faisait le tour du quartier à la sortie des classes. Tout le monde ne pouvait pas s'en payer, mais certains, compatissants, nous permettaient un petit coup de langue...

Il y avait aussi une fleuriste qui faisait le tour du quartier le samedi avec sa carriole tirée par un chien. On l'entendait arriver de loin, car elle chantait toujours la même ritournelle, "O sole mio". Les femmes qui faisaient leurs carreaux le samedi, répondaient en chantant aussi.

Le dimanche matin, un très vieux monsieur chantait dans la rues. On lui jetait une pièce de monnaie emballée dans un petit papier. C’était un ancien de la grande guerre...


J.A.M

vendredi 4 mai 2018

Chronique du Sablon - Partie sept

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Il y a peu, j'ai lu "Thyl Ulenspiegel" de Charles de Coster en version originale. Dieu, que cela est dur, vindicatif, revendicateur!

Dans mon souvenir, c'était une légende dorée et héroïque d'un peuple qui voulait sa liberté.

Le nombre de fois que les Belges ont "raccompagné" nos occupants jusqu'à la frontière... Nous avons servi de terrain de "jeu" guerrier à toute l'Europe.

Malgré cela ou grâce à cela nous avons une culture artistique florissante et riche, de multiples influences tant du Nord que du Sud...

Une amie me dit : "Tiens, qu'est-ce que tu lis là?"
- Emile Verhaeren.
- Peuh! C'est du belge, parle-moi des Français!
- Erreur! Notre littérature est tout à fait florissante et très passionnante à lire, surtout quand les livres sont illustrés par de merveilleux peintres et graveurs comme Rassenfosse.

On s'est quittées brouillées et je suis retournée à ma bibliothèque rue de la Paille pour emprunter d'autres livres d'Emile Verhaeren et non pas Verhaegen dont la fête est une vraie guindaille...


J.A.M

lundi 30 avril 2018

Résultats du concours origami

Enfants
1.           Mellina Dupont – 3e Sikorska
2.           Maya van Zuylen – 2e Christine
3.           Lina Lazam – 6e Pithsy
4.           Israe Kiloul – 4e Dandoy
5.           Mohammed – 3e Lamallem

Adolescents
1.                     Laura G. et Yannick K.
2.                     Mustafa – 6e




Adultes
1.          Nicole Casteels  
2.          Gaëlle Dupont

vendredi 20 avril 2018

FERMETURE DEFINITIVE



Chers lecteurs,


 


Suite à un rapport circonstancié des services compétents, nous sommes au regret de vous annoncer que la Bibliothèque Brand Whitlock est fermée à partir de ce jour pour des raisons de sécurité du bâtiment.


Les livres actuellement empruntés peuvent être remis dans toutes les bibliothèques du réseau www.biblio.brussels


 


Des solutions sont dès à présent en cours d’élaboration afin d’assurer la continuité du service  :


- pour la toute grande majorité du public que sont nos élèves, les animations des projets « lecture » se poursuivront en classe


- les collections seront transférées vers d’autres bibliothèques afin qu’elles restent accessibles


- un point-lecture sera ouvert à proximité dans l’attente de la rénovation complète du bâtiment. D’ici cette ouverture, vous êtes invités à vous rendre dans les bibliothèques de la Ville de Bruxelles les plus proches : à 900m, la Bibliothèque Bruegel, 247 rue Haute, ou  la Bibliothèque des Riches Claires, 24 rue des Riches Claires.


 


Toute nouvelle information vous sera communiquée sur ce site.


 


Soyez assurés que nous mettons tout en œuvre afin de vous proposer au plus vite une solution satisfaisante.


Nous vous remercions pour votre compréhension et restons à votre service pour toute information complémentaire.


 















mardi 17 avril 2018

Chronique du Sablon - Partie six

Résultat de recherche d'images pour "bibliotheque brand whitlock"

Je vais encore régulièrement à ma bibliothèque de la rue de la Paille; elle porte un drôle de nom : "Brand Whitlock".

La première fois que j'y suis entrée, je devais avoir neuf ans, c'était en 1951. C'était avec notre institutrice de Dachsbeck. Elle nous avait expliqué qu'ainsi, tout le monde pouvait lire, apprendre et s'amuser.
Quoi?? Tous ces livres à notre disposition? Quelle surprise! J'allais de découverte en découverte...

J'en ai parlé à mon père qui m'a raconté qu'ayant quitté l'école à quatorze ans, il avait presque tout appris en empruntant des livres ici.
"Tu vois", disait-il, "les livres et surtout les dictionnaires, ils savent tout."

J'y allais tous les mardis après-midi, chercher au moins trois livres.

En grandissant, je voulais lire certains poètes et certains philosophes, mais il y avait une censure, alors on demandait aux plus grandes de prendre tel ou tel livre et nous les lisions en cachette des parents et du professeur.
Quel plaisir que de franchir les interdits...

Baudelaire, je ne comprenais pas tout. Rimbaud c'était bien. Paul Claudel et sa guimauve nous agaçait. François Villon quelle découverte! Quelle émotion! Et je pensais au gibet de la place Poelaert...

Les dames de la bibliothèque nous guidaient souvent dans nos choix. Comme j'aime l'histoire, elles me trouvaient des textes formidables. Je prenais toujours, sur leurs conseils, un livre d'histoire, un roman et un livre de philosophie. Et parfois, période de bloque, j'y allais pour étudier tranquillement... Et puis, ça sent bon le papier...

Cela fait 67 ans que je vais dans cet antre du savoir et je ne suis pas prête d’arrêter.


J.A.M